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Serons-nous écoutés un jour?

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le 11.01.17 | 10h00 Réagissez

A l’heure où la majorité d’entre nous devraient passer leurs examens, nous, les étudiants en pharmacie des dix départements que compte le territoire national avons pris la décision de les boycotter pour faire suite à un mouvement de grève qui dure depuis le mois de novembre.

La raison est simple, nous sommes animés par un sentiment de tristesse, d’impuissance et de désarroi face à la situation que vit notre spécialité ô combien importante. Après de longs efforts et un cruel sacrifice pour obtenir le fameux baccalauréat et accéder à notre rêve, la réalité nous a vite rattrapés. Le rêve que nous avons caressé est finalement une branche sans réelles perspectives d’avenir, sans formation solide et sans moyens adéquats. Des années à apprendre des cours ou à passer des examens pour finir frustrés. Nous disons NON et nous nous battons pour qu’enfin la pharmacie reprenne sa place.

Les problèmes que nous rencontrons commencent déjà lors de notre cursus universitaire : le manque de moyens pour la réalisation des travaux pratiques, qui sont une partie essentielle, pose un sérieux problème au bon déroulement de notre formation. Malgré les relances incessantes faites auprès des différentes administrations, rien n’est fait. Pis encore, d’une année à l’autre les choses empirent. Où va l’argent public? Qui en profite? Comment se fait la gestion? Tant de questions restent posées sans réponses.

D’autre part, la réforme entamée en 2011 suite au précédent mouvement de grève n’apporte que quelques modifications très peu convaincantes. Entre fusion de modules très chargés qui se faisaient en deux années et se font désormais en une seule et un internat ajouté mais où tout est à faire, la formation de plusieurs promotions de futurs docteurs en pharmacie est sérieusement mise en péril. Et cela sans oublier le manque de structures d’accueil des jeunes étudiants au sein des industries pharmaceutiques pour assurer la formation en industrie pharmaceutique, qui est un enjeu réel pour l’Algérie.

C’est pour cela que nous demandons à la tutelle de se pencher sérieusement sur cette réforme afin d’apporter de réelles solutions et de mettre en place des conventions avec les industries pharmaceutiques étatiques et privées.

Une fois le fameux diplôme de docteur en pharmacie obtenu la réalité du monde du travail nous rattrape encore et elle est bien loin d’être meilleure que la précédente. Les postes de résidanat biologiques, où le pharmacien est le plus formé, sont attribués beaucoup plus à d’autres filières sans aucune raison valable. Le secteur public ne recrute que très peu de pharmaciens, même s’il y a beaucoup de postes disponibles au niveau des hôpitaux et autres structures sanitaires et où le pharmacien a toute sa place. Mais malheureusement, ces postes sont occupés par des non-pharmaciens.

En outre, le titre de docteur en pharmacie devrait être suivi par le classement à l’échelon 16 au sein de la Fonction publique. Promesse accordée en 2011 et qui tarde à être appliquée.

Parmi les entraves que nous rencontrons, la pharmacie d’officine n’en est pas moins épargnée. L’absence de pharmaciens dans les officines est une réelle catastrophe pour la sécurité des patients. Il devrait y avoir l’obligation de la présence d’un pharmacien-assistant pour superviser les vendeurs et prodiguer des conseils. Le bien-être du patient et sa sécurité ne devraient-ils pas passer avant le gain pécuniaire? L’exercice de la pharmacie officinale est bien loin de ce qu’il devrait être. Un état des lieux et une réelle volonté de changement doivent être entrepris par le ministère concerné.

Les scandales qui ont secoué il y a peu l’opinion publique ne devraient-ils pas alerter les concernés ? Il est grand temps de rendre à qui de droit le pouvoir de prendre des décisions qui touchent la santé de millions de citoyens.
La réelle volonté de changement qui anime des milliers d’étudiants devrait être le déclenchement d’un processus de négociations. Malheureusement, les jours et les semaines passent, les demandes d’audience s’accumulent et les sit-in s’intensifient. Le refus ou les réponses non satisfaisantes que nous avons reçus des différentes parties nous plongent dans une réalité amère. Serons-nous enfin écoutés un jour? Là est la question que nous nous posons tous.

Nous profitons de cette occasion qui nous est donnée pour lancer un vif appelle aux autorités concernées, nous espérons trouver une issue positive à nos requêtes le plus vite possible pour le bien de la PHARMACIE et de ces milliers d’étudiants.

Etudiants en pharmacie, Alger
Meriem Imène Boumaza
Cheriet Maria Serine
Mezghrani Braham

 

 
 
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