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Lutte contre la pollution et développement durable

Remettre en cause les comportements écocidaires

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le 06.06.18 | 12h00 Réagissez

Célébrée, hier, sous le slogan «Combattre la pollution plastique», la Journée mondiale de l’environnement a été l’occasion de faire le point sur les avancées de l’ensemble des stratégies mises en action à cet effet.

L’Algérie a placé au rang de priorité nationale le programme des énergies renouvelables, qui n’a pas encore connu de retombées palpables.

L’application des ces énergies est d’autant souhaitée dans une conjoncture mondiale empreinte d’incertitudes économiques, et une autre nationale assujettie aux fluctuations de l’énergie fossile, ce qui interpelle pour une refonte de la stratégie globale de gouvernance.

Lors du dernier séminaire sur le génie climatique et l’énergétique à Constantine, des experts nationaux et étrangers, venus de la Belgique, du Canada et de France ont apporté des réponses pour renforcer l’utilisation des énergies renouvelables, particulièrement dans l’habitat, le secteur tertiaire ou encore l’agroalimentaire. «Des alternatives s’adaptant au mieux aux dernières crises énergétiques et aux challenges à relever dans le domaine de l’environnement et du développement durable», a-t-il été soutenu.

L’un des intervenants a dressé un tableau sur le contexte économique et environnemental de la dernière décade, estimant que la situation «impose des réflexions et des travaux de recherche pour rationaliser l’utilisation de l’énergie et l’introduction des énergies renouvelables, notamment dans le domaine de l’habitat et du secteur tertiaire et l’agroalimentaire». Sur le terrain, les choses n’avancent pas comme on le souhaite.

La réduction de la consommation des énergies fossiles n’atteindra que 9 % d’ici à l’horizon 2030, selon les prévisions nationales. Le recyclage, qui est présenté telle une alternative majeure pour la réduction de la pollution et le renforcement du développement durable, n’a toujours pas rempli l’une ou l’autre option. D’où certainement ce slogan «Combattre la pollution plastique», brandi aujourd’hui.

«En matière de gestion des déchets et de lutte contre la pollution, il existe un programme national, le Progdem, ainsi qu’une Agence nationale des déchets (AND) pour l’appliquer, mais aussi un système de taxation censé financer cette politique. Il ne s’agit donc pas ici de déplorer ni une absence de planification ni une législation environnementale, encore moins un déficit d’outils institutionnels.

Accusons surtout les limites d’un système de gouvernance national qui peine en général à faire appliquer sa théorie par des mesures concrètes, ainsi que des décrets d’application», explique Karim Tedjani, écologiste et blogueur. Comprendre qu’il faut traiter le problème à la racine et non ses ramifications.

Si on prend le cas des sacs en plastique, il est convenu que leur pollution n’est pas seulement un problème esthétique, c’est avant tout un péril sanitaire. Ils contaminent l’ensemble de la chaîne alimentaire, pollue les sols, les cours d’eau, la mer et même l’atmosphère quand ils sont incinérés.

«La composition de certains sacs en papier est adjuvée de produits chimiques, notamment pour les rendre plus solides, durables ou bien afin de les imprimer». «Toute cette pétrochimie ira potentiellement elle aussi se distiller dans notre environnement, d’une manière ou d’une autre. On pourrait d’ailleurs parler de la même manière des sacs ‘‘bio ressourcés’’, ou ‘‘oxo’’, également envisagés par le gouvernement qui ne feront que se détériorer plus vite et de manière plus microscopique.

On ne les verra certes plus salir autant nos paysages et environs, mais ils contamineront notre biodiversité à une échelle encore plus large. De plus, si l’on considère notre frêle situation forestière, on peut se demander comment nous allons pouvoir répondre à ce ‘‘grand remplacement’’ par une production locale suffisante de papier. Faudra-t-il en importer davantage ou recourir à nos forêts et autres matériaux végétaux locaux, à l’exemple de l’Alfa», selon notre interlocuteur.

Une responsabilité environnementale

Quelles en sont les conséquences ?  «Cela aura autant de conséquences néfastes, dont sanitaires, économiques et écologiques. L’opération de recyclage du papier a un coût énergétique et chimique important. Elle ne sera pas anecdotique, surtout si elle est appliquée à l’échelle d’un marché de 40 millions d’individus.

A une telle dimension, le transport des sacs en papier, beaucoup moins compactables que ceux en plastique, provoquera une nette augmentation du transport routier, avec son lot de pollutions et de surconsommation énergétique». Le commerce illégal des sacs plastiques, de l’avis même de l’ensemble des ministres qui se sont succédé ces dernières années au département de l’Environnement, a accentué la prolifération, et par conséquent cette pollution. Il est question de l’utilisation de 7,7 milliards de sacs en plastique annuellement en Algérie.

Le créateur et animateur du portail web «Nouara Algérie» interpelle les consommateurs et les industriels : «Le phénomène de la pollution par les sacs en plastique est une maladie écocidaire autant environnementale que sociétale. Son origine la plus profonde, c’est la consommation de produits à usage et emballage uniques qui est devenue une norme chez nous, comme un peu partout dans le monde.

Et c’est au citoyen d’influer sur cette réalité en s’éduquant lui-même à des comportements de consommation écologique. Il y a cette dimension de responsabilité individuelle civique à ne surtout pas occulter dans cette lutte. Car c’est elle qui fera surtout infléchir les industriels vers des procédés plus sains, bien plus efficaces que le discours politique.»

Sans une croyance sincère de l’ensemble de la société aux vertus vitales de la responsabilité environnementale, et donc écologique, nous ne viendrons pas à bout de ce problème. Une fois de plus, le véritable pouvoir est dans la bourse, mais aussi le cerveau, ainsi que le cœur du consommateur. Sans cette éthique morale et donc une vigilance individuelle, il ne sera possible que de panser les plaies, en aucun cas de soigner ou de guérir la maladie.

 

Naïma Djekhar
 
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