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Omar Ali Yahia. Manager de BeeForm, plateforme de formation en ligne

Nous avons tout pour devenir le moteur de la digitalisation en Afrique

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le 06.06.18 | 12h00 Réagissez


- Le e-learning connaît un engouement particulier ces derniers mois. Peut-on d’ores et déjà parler de marché du e-learning en Algérie ?

En effet le e-learning est l’une des priorités de l’Algérie depuis une vingtaine d’années. Beaucoup d’investissements ont été faits dans ce domaine, mais à l’époque le marché algérien n’était pas prêt, les infrastructures informatiques — notamment internet — ne pouvaient pas répondre à une telle technologie, et les dispositifs de l’époque n’étaient pas très attractifs, coûtaient énormément cher, tout le contenu était fait à la main par des programmeurs, des designers, etc. Donc le dispositif n’était pas économiquement viable.

Ce qui a changé, aujourd’hui, c’est que les infrastructures sont suffisantes pour pouvoir mener à bien ce genre de projet ; les techniques de création de contenu ont nettement évolué pour un résultat captivant pour l’apprenant. Mais ce qui est vraiment essentiel, c’est que de grandes entreprises algériennes et même des petites ont compris que le e-learning est un réel levier de croissance et de développement.

Chez Beeform, nous recevons beaucoup de demandes dans ce sens, étant une entreprise 100% algérienne, ayant une plateforme bien à nous, ne dépendant d’aucun prestataire tiers. Nous avons la capacité d’héberger les données de nos clients en Algérie ainsi que plein d’autres services. Je pense que nous pouvons parler de marché et pas des moindres.

Le marché du e-learning risque d’atteindre des sommets en Algérie car il règle plusieurs problèmes à la fois : il permet donc de réduire les frais de formation jusqu’à 70% en plus de l’optimisation de tous les frais de logistiques ainsi que le retard de production. Les rares expériences qu’ont les entreprises algériennes en matière de e-learning, c’est sur des plateformes étrangères, il y a très peu d’acteurs économiques dans ce domaine en Algérie, où la demande est très forte.

- Le secteur peut-il générer des emplois sachant que le tout-numérique est considéré par certains comme une menace pour le marché de l’emploi ?

Nous savons tous que depuis la révolution industrielle beaucoup d’emplois pénibles disparaissent pour être remplacés par de nouveaux métiers de moins en moins contraignants.

La difficulté dans le e-learning est le fait que c’est un métier qui regroupe beaucoup de compétences diverses et pointues afin d’obtenir des résultats intéressants.

Il est donc nécessaire, pour mener à bien un projet de e-learning, d’avoir de l’expertise dans le domaine du génie logiciel, le développement web, le design, des experts en infrastructures, en sécurité informatique, en réseaux, en virtualisation pour le volet IT. Il faut aussi des formateurs experts, des designer de contenu pédagogique, des experts dans la scénarisation pédagogique des formations en ligne, des équipe audiovisuelles pour la production de contenu, et j’en passe…

En somme, c’est un projet qui peut présenter beaucoup de contraintes pour la réalisation en interne. Mais ce n’est pas tout : après avoir mis en route le projet il faut tout ce qui est support technique, prendre en charge les clients, répondre aux demandes, résoudre les problèmes, administrer la plateforme, assister les formateurs, etc.

C’est pour cela que nous avons choisi de fournir à nos clients et partenaires un service de bout en tout pour qu’ils puissent se concentrer sur leurs métiers au lieu de perdre beaucoup de temps, d’énergie et d’argent pour un projet aussi complexe à mettre en place.

- Vous avez lancé récemment le concept de «marque blanche». De quoi s’agit-il ?

Notre initiative est de fédérer tous les acteurs majeurs de l’industrie du savoir, notamment les écoles, les universités, les formateurs experts (qu’ils soient locaux ou issus de la diaspora). Le but est de créer des marques blanches par domaine d’expertise qui contiennent du contenu pédagogique algérien orienté vers les formations qualifiantes afin de répondre à cette forte demande nationale à court terme et d’aller vers le marché africain à moyen terme.

Chaque marque blanche est dédiée à une école ou un formateur et contient un certain nombre de formations dans leurs spécialités. Nous fournissons toute la technologie nécessaire au bon déroulement des apprentissages ainsi que de tout l’accompagnement nécessaire, pendant que nos partenaires propriétaires de marques blanches créent du contenu pédagogique pertinent et font le suivi des apprentissages sur leurs plateformes pour une expérience utilisateur aussi intéressante que possible.

En finalité, nous allons lancer le premier salon du e-learning 100% algérien avec tous nos partenaires, dans le but de créer un rendez-vous annuel afin de faire se rencontrer les marques de e-learning avec les clients à la recherche de plusieurs types de formations : Microsoft Office, ressources humaines, monétique, communication, force de vente... et ça peut aller jusqu’à des formations en HSE, le management de projets, etc.

- Selon vos propos, c’est une aubaine économique pour les jeunes, notamment les développeurs et autres ingénieurs... Le marché africain est très demandeur en formation notamment à travers le e-learning. Une chance pour les Algériens pour l’exportation de services ?

Bien évidemment, le domaine des TIC est le plus facile à exporter. Nous pouvons exporter une formation en ligne, un service en ligne en un clic, donc cela intéresse tous les professionnels des services immatériels comme les développeurs de logiciels et web, les designers, les traducteurs, les e-commerçants, etc.

Nous avons tout pour pouvoir devenir le moteur de la digitalisation en Afrique.Surtout avec l’élaboration de la stratégie nationale des exportations dont nous avons la chance de faire partie. Un travail extraordinaire est en train de se faire, en collaboration avec les pouvoirs publics, pour la révision des procédures d’exportation et mettre en place une législation agile pour le domaine des TIC car c’est un secteur qui évolue très vite et qui est à très grande valeur ajoutée.
 

Zouheir Aït Mouhoub
 
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