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le 31.01.18 | 12h00 Réagissez


Nacym Baghli. Architecte

J’ai été agréablement surpris par l’organisation de ‘Humans of architecture’ initiée par le Club Charrette de l’EAPU. Ils ont réussi à convaincre différents intervenants à venir débattre sur une thématique d’un grand intérêt et qui est en plein dans l’actualité. Il faut savoir qu’«Alger smart city» est un projet piloté par la wilaya d’Alger et qui a été lancé en juin 2017. Ces étudiants ont réellement saisi l’opportunité pour mettre sur pied un événement de grande qualité.

Je crois qu’on ne peut plus échapper à une ville connectée, de ce fait Alger smart city devient une nécessité. Les nouvelles technologies envahissent la société et nous devons intégrer, étudier et nous projeter vers le futur à travers ce projet. Je rappelle qu’«Alger smart city» n’est pas quelque chose qu’on décrète.

C’est un processus et un cheminement qui dépendent de nombreux acteurs, où les architectures et les urbanistes ont un rôle capital à jouer. Pour notre part, notre projet «Djisr El Djazaïr» a été pensé et conçu pour accompagner et renforcer le plan stratégique ‘Alger 2030/2035’, la transition digitale «Alger Smart City», et la transition énergétique avec le programme national Algérie 2030».

- Nassim Balla. Diplômé en architecture 

Pour moi, la ville est la résultante des acteurs qui la construisent ; quand j’ai pris connaissance de ‘smart city’, je me suis dit : peut-être que l’idée reflète le concept de ‘smart person’. Par rapport à Alger, la question qui m’est venue à l’esprit est de savoir s’il existe une volonté individuelle pour faire d’Alger une ville intelligente, avec toutes les évolutions des nouvelles technologies. Je suis venu à cet événement pour trouver des réponses.

Nous sommes dans une hyperconnectivité permanente qui constitue en partie le tissu social. On peut s’interroger pour savoir si Alger est capable de recevoir une telle initiative, de dépasser ses défis urbains qui n’ont rien à voir avec les nouvelles technologies. Ce n’est pas nous qui avons construit les anciennes villes algériennes, ni l’architecture coloniale, et de ce fait nous devons nous adapter aux situations de crise. Aujourd’hui, la ville algérienne est en situation de crise.

Toutes les cités AADL construites sont des ensembles urbains qui vont rester au moins 30 ou 50 ans. Ils sont horribles, car difficilement accessibles, mal connectés, mal ajustés esthétiquement, ce sont presque des abominations ! Cela ne répond à aucune réflexion ni démarche. Il n’y a que la dynamique sociale qui a sauvé la vie dans ces espaces urbains mal pensés.

A mon avis, c’est le patrimoine immatériel de la culture algérienne qui soutient la connexion sociale. Est-ce que, finalement, la ville intelligente n’est pas cristallisée dans l’intelligence des personnes, en lieu et place de l’intelligence artificielle et des machines.

- Narimane. Etudiante en architecture à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme

J’étais très curieuse d’assister à cet événement ; pour moi, Alger n’est pas du tout une ville où l’on peut imaginer de la connectivité partout, puisque les installations semblent vétustes. J’avais du mal à intégrer l’idée de smart city dans une capitale qui ne répond pas, ou plus, aux exigences modernes.

Nous avons l’impression que tout le monde est connecté grâce aux smartphones, mais finalement nos installations ne sont pas si performantes. Je n’utilise que 20% de la capacité de mon mobile, alors qu’il est de dernière génération. Je voudrais trouver une application fiable sur les transports et l’e-paiment. Je crois que c’est ainsi que je voyais le concept.

Une fois que les conférenciers ont expliqué ce dont il s’agissait, je suis restée sur plusieurs frustrations et d’interrogations. En réalité, pour avoir une smart city, il faut d’abord être d’accord sur les valeurs de la société pour respecter l’environnement et constituer un réseau technique. Ce n’est pas évident.»

- Leila. Etudiante à l’Université Saâd Dahlab Blida - Institut d’architecture et d’urbanisme

Je suis passionné de nouvelles technologies et j’aime vraiment les conférences proposées dans le cadre de ‹Humans of architecture-Alger’, parce que j’aime ce qui se rapporte aux défis des installations modernes.

Je fais des maquettes tous les jours et avec les différentes techniques que l’on voit évoluer, ainsi que celles évoquées par les invités de HOA, je suis tentée de poursuivre des formations à l’étranger pour me perfectionner dans mon domaine. De par le monde, l’architecture est pensée différemment, nous devons l’adapter à notre société et aux nouvelles avancées numériques.

Malgré les blocages administratifs, on peut imaginer nos villes et modifier notre rapport à l’urbain. Nous allons vers une ère où la technologie sera omniprésente et où le système se diluera dans cette nouvelle donnée. Autant s’adapter dès maintenant. La technologie ne doit pas faire peur, elle est là pour faciliter la vie des gens.»

- Sofiane. Etudiant en architecture à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme

Pour moi, il était important d’assister à cette série de conférences qui correspond à mes recherches et un projet de ‹smart city› que j’explore dans mon labo. Je travaille essentiellement sur la communication et le marketing de ce que devrait être une smart city avec une start-up locale.

Cette dernière est spécialisée dans la protection de l’environnement. Pour l’heure, notre projet est au stade embryonnaire, mais il va s’en dire que nous avançons assez bien. Si le gouvernement prend en considération que le projet de smart city est une réelle opportunité, nous allons voir fleurir de nombreuses entreprises qui proposeront des services inédits.»

- Ayman. Entrepreneur et jeune architecte diplômé de l’EPAU

Les transformations technologiques nous poussent depuis des décennies à repenser la ville et son ‹utilisation’. L’enjeu de l’aménagement du territoire dépend des politiques de développement, l’un ne va pas sans l’autre. Cependant, nous pouvons travailler en réseau sur la réalisation de ce concept prometteur.

Il y a de nombreuses villes intelligentes qui émergent dans le monde, nous pouvons consulter leurs projets, leurs erreurs, et collecter les enseignements pour réaliser un projet viable pour Alger et les autres villes algériennes. C’est un exercice qui dépend uniquement des compétences locales et des partenariats publics et privés : architectes, urbanistes, experts juridiques, économiques, sociopolitiques, anthropologue, etc.»

 

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