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Grève du 14 janvier : Le coup de poker

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le 10.01.18 | 12h00 Réagissez

Le sort de l’Université se jouera-t-il comme dans une partie de poker ? L’appel à la grève par une partie de la population universitaire prévue le 14 janvier en cours met à nu une situation difficilement soluble.

Menée essentiellement par une aile du Conseil national des enseignants du supérieur, le CNES de Abdelhafid Milat, «la grève de la dignité», telle que nommée par ses initiateur, ouvre grande la voie de la spéculation.

D’abord, le CNES actuel arrivera-t-il a ressouder les enseignants pour une action conséquente ? Pourra-t-il redorer le blason du premier syndicat autonome qui faisait jadis le fierté des universitaires et des militants de tout bord ? Sur le terrain et devant le marasme ambiant, rien n’est moins sûr.

La démobilisation ayant touché profondément tous les acteurs de cette communauté, conjuguée à une forte campagne de dénigrement par leurs propres collègues pourrait faire capoter ce mouvement aux revendications pourtant largement partagées. Des enseignants des universités d’Alger, par exemple, rejettent en bloc cette initiative, se disant non concernés et ne reconnaisant aucune autorité aux syndicats initiateurs de la grève.

Devant cette attitude, le coordinateur national du Cnes scindé, Abdelhafid Milat, à travers sa page Facebook, appelle tous les enseignants à mener leur propre «désobéissance» à titre individuel. Il les incite ainsi à faire grève chacun à son niveau pour exprimer un malaise commun, mais par un acte isolé. Pas besoin d’être encarté pour revendiquer ses droits, explique-t-il en substance.

L’autre grande incongruité est le comportement de la tutelle devant cet appel qui, même si sa portée n’est pas encore connue, représente un risque sérieux devant les sempiternels problèmes dans lesquels patauge la communauté universitaire et le marasme régnant au sein des universités.

Une situation que le ministre Tahar Hadjar refuse de voir, prenant pour personnelles des affaires qui sont liées à des décennies de politiques castratrices. Ainsi, samedi dernier, il a menacé quiconque qui oserait interdire l’accès à l’université de sanctions disciplinaires et carrément de poursuites judiciaires.

Devant des représentants d’organisations estudiantines, il a même annoncé que les recteurs ont été instruits «d’appliquer toutes les mesures juridiques en matière disciplinaire ainsi que les poursuites judiciaires à l’encontre de quiconque osera interdire l’accès à l’université». Tatillon également sur les procédures des conflits, le ministre se montre légaliste en faisant valoir son pouvoir régalien, à savoir celui de briser par la voie légale tout mouvement de contestation ou de revendication.

Une pratique, faut-il le reconnaître, qu’il n’a pas inventée. Passé maître dans la pratique du proverbe «la carotte et le bâton», il fait valoir devant les organisations estudiantines sa prédisposition au dialogue avec les formations agréées pour régler les «quelques problèmes techniques» dont souffre son secteur, à l’image de la gestion des œuvres universitaires. Pour les autres, ceux qui n’ont pas le quitus du ministère du Travail, son seul dialogue se fera avec la justice.

Pourtant, l’essence même d’un dialogue est de faire en sorte de mettre un terme à une situation de crise réelle. C’est avec les contestataires qu’on doit normalement dialoguer. A la décharge du ministre que ces contestataires aient un ancrage dans la population universitaire. Chose qui ne sera constatée qu’après le 14 janvier.

Pour leur part, les initiateurs de la «grève de la dignité» portent essentiellement comme principale revendication l’ouverture d’un dialogue sérieux avec leur tutelle. «Je sais que tous les problèmes de l’université ne seront pas solutionnés dans un délais court. L’essentiel pour nous est qu’un dialogue sérieux soit amorcé.

Et pour avoir un gage de bonne volonté, on souhaiterait que ce qui est du ressort strict du ministre soit l’abrogation des délais de soutenance de doctorat et de la poursuite pédagogique soient annulés», explique le coordinateur national du CNES gréviste. Un minimum syndical en quelque sorte.

Mais devant la tournure que prennent les choses, le mouvement de grève illimitée risque de prendre une ampleur considérable si l’on prend en compte le lourd malaise qui pèse sur les campus. On attendra donc la suite des événements pour savoir qui détient la Quinte Flusch et qui ramassera la mise.

Samir Azzoug
 
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