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L’université dans les programmes des partis politiques

Des propositions petits bras…

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le 19.04.17 | 12h00 Réagissez

“L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde», dixit l’humaniste et grand combattant de la liberté, le Sud-Africain Nelson Mandela.

A l’aune de la campagne électorale pour les législatives 2017, chaque formation politique fait son show en promettant «un changement» teinté de sa coloration idéologique et partisane. Avec des programmes plus ou moins élaborés mais rarement chiffrés, ces entités politiques livrent les grandes lignes de ce qui devrait être fait, par elles, pour réorienter ou renforcer la politique générale du pays, ainsi que les politiques sectorielles.

Dans les projets présentés par certains partis politiques, les constats sont bien établis, mais les propositions «viables» et «réalisables» pour remédier aux dysfonctionnements signalés restent malheureusement rares. En matière d’éducation, de formation professionnelle et d’enseignement supérieur, par exemple, si ces programmes s’accordent tous sur l’importance stratégique de la prise en charge de la ressource humaine, la véritable richesse de tout pays, les chapitres consacrés restent maigres, comparativement à ceux dédiés à la gouvernance ou aux secteurs financiers et économiques.

Sans aller au fond des problématiques qui minent ces secteurs, les propositions faites se limitent souvent à quelques «aménagements», qui ne peuvent redonner le souffle salvateur tant attendu à des secteurs ahanants. Dans un secteur tertiaire de l’enseignement, qui souffre d’une gestion abracadabrantesque d’une forte population estudiantine et d’une gouvernance trop centralisée et non démocratique des universités, trouver une solution pour réduire le flux, tout en ne se confrontant pas au dogme de la démocratisation de l’accès à l’enseignement pour une meilleure qualité de la formation, est une priorité.

Or, pour le Front de libération nationale (FLN), le salut de l’université résiderait dans la poursuite de «l’effort» de création de nouvelles places pédagogiques, de pôles universitaires spécialisés, ainsi que dans la modernisation des programmes pédagogiques. L’analyse est logique et dans la continuité pour le parti qui porte à bout de bras le programme présidentiel mis en marche depuis le premier mandat de Bouteflika, dès 2000. Pour le Parti des travailleurs, la question est tranchée. Le PT annonce tout bonnement se battre pour la défense de cette démocratisation.

El Moustakbal, pour sa part, préconise la réorganisation de la carte universitaire en fonction de ses rapports avec l’éducation et le monde du travail et d’encourager les études professionnalisantes. Une orientation que rejoint le Rassemblement national démocratique (RND), en proposant l’encouragement de la formation universitaire en cycle court (licences) de cadres et de techniciens supérieurs. Plus prolifique, le Rassemblement pour la culture et la démocratie appelle à une réforme des systèmes éducatifs, universitaire et celui de la formation professionnelle selon une approche systémique, en agissant à la fois sur le contenu des programmes et les méthodes pédagogiques, ainsi que sur l’évaluation.

Proposant l’instauration d’un système de bourses (pour les étudiants) tenant compte des revenus des parents (avec 12 000 dinars par trimestre pour les étudiants démunis), le RCD milite dans le but de consacrer l’autonomie de l’institution universitaire et décentraliser sa gestion. Par ailleurs, et dans une approche peu crédible pour une université qui compte plus de 1,5 million d’étudiants, le parti préconise d’élever le budget de la formation à au moins 15% du PIB et de consentir les coûts par apprenant à des seuils qui sont ceux des pays développés. Espoir difficile à réaliser, sachant que dans ces pays dits développés, plus de 20 000 euros sont consacrés par tête d’étudiant, contre 2 000 pour les apprenants algériens. Le budget de l’éducation en France représente quasiment tout le budget de l’Etat algérien. Donc équation difficilement soluble dans l’état actuel de l’université et du pays. En termes de réflexion et de force de propositions dans ce secteur universitaire, le Mouvement de la société pour la paix (HMS) se lâche.

Toujours en évitant de mener une confrontation idéologique, pourtant indispensable à l’essor de l’université, ce parti, au-delà des revendications classiques (révision du LMD, des formations, des œuvres universitaires…), prône la création d’un conseil national consultatif pour représenter les étudiants. Il préconise également cette idée originale d’installer une nouvelle institution auprès du gouvernement qui se chargerait de la recherche scientifique stratégique et d’organiser l’utilisation effective des résultats de la recherche. Notons toutefois que le HMS, aussi bien que le RND, accordent une importance relative à la participation du secteur privé dans les établissements de formation tous niveaux confondus.  
Si des visions claires et cohérentes pouvant faire sortir l’université de son marasme actuel manquent réellement dans les différents programmes des partis politiques, les stratégies préconisées pour l’autre secteur de formation, celui de la formation professionnelle, fait quasiment consensus. Il s’agit pour la majorité des partis cités de moderniser les programmes pédagogiques, d’adapter les formations aux besoins économiques et d’encourager la coopération entre les établissements de formation et le secteur socio-économique, en mettant en valeur la formation par apprentissage.

Des réclamations que le ministère de tutelle ne cesse d’ailleurs de mettre en avant. Pour le HMS, il faudra également créer un parcours de formation en adéquation avec l’enseignement académique moyen. De son côté, le RND, qui a finement réglé le problème d’indisponibilité de la main-d’œuvre qualifiée en appelant à la formation universitaire en cycle court, note l’impératif d’encouragement du développement des écoles des métiers par les opérateurs économiques. Quant au RCD, la proposition d’intégrer la formation professionnelle au sein du ministère de l’Education «de sorte qu’aucun élève ne puisse quitter les bancs de l’école avant d’avoir appris un métier», mériterait d’être prise en considération.

A la faveur de ces propositions, les changements, en rupture ou dans la continuité, mis en avant par les différentes formations en course dans les législatives 2017, ne risquent pas de révolutionner les secteurs de l’éducation, de la formation et de l’enseignement supérieur. En évitant l’épineuse haie idéologique, concernant : la démocratisation de l’accès à l’enseignement, l’égalité absolue au lieu de celle des chances et l’instauration de l’approche par compétence en lieu et place du paternalisme intéressé ainsi que l’ouverture «balisée» et
«contrôlée» de ces secteurs aux opérateurs privés, les politiques manquent ainsi de courage pour mener le changement pour lequel ils s’égosillent»

Samir Azzoug
 
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