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Ressources naturelles... Le rôle prépondérant du Plan de développement local

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le 27.04.18 | 12h00 Réagissez

Pour financer les plans de développement local, les APC recourent généralement, par facilité, à l’exploitation à outrance des ressources naturelles.

Depuis quelques mois (en décembre 2017), une fois installés les nouveaux élus des collectivités locales, le ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire a lancé des formations en direction des présidents d’APC, des élus et des personnels administratifs et techniques des communes. Des formations qui entrent dans le cadre de réformes «visant à améliorer la qualité et l’efficacité des services locaux, la gouvernance des communautés locales et l’écoute des citoyens»1.

Au cœur de ces réformes a été placé le Plan développement local (PDL) fondé sur «une gouvernance communale concertée, transparente, attentive aux besoins et attentes des citoyens, en particulier des jeunes et des femmes»2. Mais que faut-il comprendre au juste par Plan de développement local ? Comme dans un patchwork, on y jeté tout ce qui a un rapport avec la plus petite des réalisations sur le territoire d’une commune.

Le plus souvent, les actions financées par le Programme communal de développement (PCD), confondu avec le PDL, qui se résume lui à une liste de petits projets élaborée par l’exécutif communal à partir de la subvention octroyée par l’Etat central et les recettes éventuelles. Les trois-quarts des 1451 communes du pays sont rangées dans la catégorie «pauvre», c’est-à-dire sans aucune ressource financière.

Selon les pays, il y a de nombreuses définitions du développement local et du PDL, mais toutes incluent une élaboration locale à partir d’une large concertation sous-tendue par une bonne communication. «Le développement local est une méthode relativement récente de planification pour un développement humain et territorial. Selon le pays, le plan de développement local, est aussi s’appelé plan de développement communal ou plan de développement de proximité.

Ce sont des plans intégrés et réalisés localement avec une dynamique ascendante d’élaboration, de restitution et de communication. Ils suivent un processus participatif en plusieurs étapes, incluant des enquêtes communautaires et individuelles, des diagnostics, des analyses, des ateliers de restitution et des options de développement inscrites dans une perspective de moyen terme (plus de 8 ans)», nous dit Laurent Chazée, expert international des questions de développement local (voir interview ci-dessous).

La baisse, depuis août 2014, des cours du pétrole, donc de la rente qui alimente les budgets communaux, a poussé le gouvernement à durcir le ton sur les dépenses à l’égard des exécutifs locaux pour les engager à plus d’initiative dans la recherche des nouvelles sources de financement local, en avantageant les activités économiques et l’exploitation des ressources naturelles.

Un discours récurrent qu’on ressort à chaque crise économique et financière, comme cela a déjà été le cas dans les années 1980. L’initiative, laissée à chaque fois aux responsables locaux, s’est soldée par des réalisations sans consistance, derrière lesquelles se cachent des intérêts privés ou électoralistes et le plus souvent sans utilité pour la population.

La recherche de nouvelles sources de financement, par facilité, s’effectue au généralement au détriment des ressources naturelles, aisément accessibles par les voies de communication, qui sont exploitées sans discernement, avec une conduite à court terme, celle du gain facile et rapide. Des potentialités aux avantages considérables sont de la sorte dilapidées par l’exploitation irraisonnée de l’espace, des sols, des forêts, des zones humides, du littoral et des paysages alors qu’ils sont autant d’atouts pour le tourisme auquel on veut donner une nouvelle vigueur.

En haut lieu, on a pris conscience, dès le début des années 2000, de la nécessité de mettre en œuvre des PDL comme instruments de planification, d’organisation et d’aménagement des territoires, qui prennent en compte la pérennité des ressources naturelles selon le principe de l’utilisation durable.

Le 12 avril 2017, au Centre international des conventions d’Alger, dans le cadre du projet Capdel, la question est revenue au sujet d’«une démarche pour une meilleure exploitation du potentiel des territoires et la stimulation de l’économie locale afin de générer des emplois et des revenus durables au profit des populations locales». Les PDL, tels qu’ils sont compris, intègrent de plus en plus la préservation des ressources naturelles dans leur partie diagnostics et analyses.

Cela a été précisément le cas en 2015-2017 pour quatre communes du Parc national d’El Kala dans les cadre d’un projet financé par le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF) porté par l’Area-ED (ONG nationale) en collaboration avec La Tour du Valat (institut de recherche français sur les zones humides méditerranéennes). La prise de conscience à un haut niveau que traduit le recours au PDL, tardif certes puisqu’il date de 30 ans, comme l’outil privilégié de la gestion locale des territoires communaux va-t-elle pouvoir être transmise aux élus et acteurs locaux qui en sont les principaux acteurs ?

Les formations en cours au ministère de tutelle sont-elles suffisantes pour assurer une application satisfaisante des plans, alors que l’on sait que plus de 30% des élus ont un niveau d’instruction insuffisant ? Les PDL ne vont-ils pas finir dans les tiroirs comme cela a été le cas pour ceux du projet Padsel réalisé dans les années 2000 par l’Agence de développement social, financé par l’UE ?
 

Slim Sadki
 
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