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Laurent Chazée. Ingénieur agricole

En Algérie, c’est encore la planification sectorielle qui domine

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le 27.04.18 | 12h00 Réagissez

 
	 Laurent Chazée :  est ingénieur agricole et docteur des etudes de l’Extrême-Orient. Entre 1985 et 2009, il était en Afrique et en Asie, en charge de projets de développement rural et local. 
 
	En Algérie entre 2005 et 2008, il collaborait au projet Padsel. Basé à la Tour du Valat (Institut de recherche en Camargue) depuis 2009, il s’est investi dans la protection des écosystèmes humides des pays de la Méditerranée et effectue des missions régulières en Algérie.
Laurent Chazée : est ingénieur agricole et docteur des...


- Quelle est la spécificité du développement local ?

Le développement local est une méthode relativement récente de planification pour un développement humain et territorial. Selon le pays, le plan de développement local est aussi appelé plan de développement communal ou plan de développement de proximité. Ce sont des plans intégrés et réalisés localement avec une dynamique ascendante d’élaboration, de restitution et de communication.

Au cours des années 1980, les stratégies de développement menées sous l’égide des Etats manifestent leurs limites. La concentration des pouvoirs économiques, culturels, techniques n’assure pas la cohérence nécessaire pour soutenir les processus de développement.

Dans les pays du Sud, les efforts des ONG ont conduit à l’apparition d’organisations réellement représentatives qui acquièrent des capacités de négociation avec le pouvoir central. L’émergence des questions d’environnement porte à un niveau politique des débats antérieurement limités aux techniciens.

- Quand et comment a démarré le développement local ?

La notion de développement local a démarré dans les années 1980, en liaison avec les premières réflexions sur la gouvernance des pays, le besoin de déconcentration et de décentralisation des décisions et le développement des premières approches participatives pour mieux impliquer les acteurs locaux dans leur développement. Cette tendance a été renforcée dans le cadre de la réflexion sur la notion de développement durable (rapport Bruntland, 1988), repris en 1992 au Sommet de Rio.

Dans sa définition internationale, cette approche de la planification demande un niveau suffisant de déconcentration/décentralisation, de démocratie participative et de gouvernance ascendante. C’est la commune qui décide, c’est l’échelon supérieur (région, province, wilaya, etc.) qui valide, les secteurs techniques assurent la faisabilité technique et le financement selon les priorités du plan.

- Dans le sud de la Méditerranée, ou en est-on ?

Les différentes études conduites dans les pays de la Méditerranée (IAM, IRAM, Tour du Valat, ID Méditerranée, etc.) ont toutes conclu que la planification locale est un outil utile pour mieux intégrer la dimension environnementale dans les décisions de développement et l’aménagement territorial des communes et des régions.

Avant les années 2000, une bonne partie des pays du Maghreb et du Moyen-Orient disposait de plans communaux de développement. cette planification locale se résumait le plus souvent à un exercice budgétaire annuel. Depuis cette date, de nombreux projets ont permis de tester la planification locale dans les pays du Maghreb, en Jordanie, en Syrie et au Liban.

En 2017, en dehors du Maroc qui est en train d’institutionnaliser cette méthode depuis 2008 à travers la direction générale des collectivité territoriales, les autres pays en sont restés au stade de projets et de tests. Il faut bien sûr que les communes se dotent de compétences pour cela.

- Et en Algérie ?

En Algérie, c’est encore la planification sectorielle qui domine. Si elle est plus simple à élaborer que le développement local, elle est beaucoup moins intégrée et ciblée aux spécificités et acteurs des territoires. Elle n’est donc plus suffisante pour répondre aux enjeux nationaux du développement durable et aux impacts attendus dans le cadre international des Objectifs de développement durable sur lesquels l’Algérie s’est engagée.

Entre 2000 et 2010, le projet Padsel-NEA, réalisé par l’Agence de développement social et financé par l’UE dans 50 communes de six wilayas du nord-est de l’Algérie, a permis d’élaborer un guide de développement local et trois exemples publiés de planification locale. Depuis, d’autres projets similaires (CapDel, Padsel-NOA) sont lancés.

Dans le cadre du Fonds partenarial pour les écosystèmes critiques (CEPF), un premier exemple de planification locale conjointe entre les communes et la direction d’une aire protégée (Parc national d’El Kala) a eu lieu entre 2015 et 2017. Cette initiative a permis de mettre en œuvre un processus ascendant de diagnostic et d’analyse humain et territorial sur quatre communes, en incluant une forte composante environnementale, y compris dans l’évaluation des services des écosystèmes d’eau douce comme les lacs Tonga, Oubeïra, Mellah.

L’Algérie dispose donc de références nationales et d’exemples internationaux pour institutionnaliser le développement local. Les expériences internationales montrent que les pays qui ont fait le choix politique de se lancer dans le développement et la planification locale ont eu besoin d’un minimum de 10 années pour sa mise en œuvre.

Slim Sadki
 
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