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Mourad Sadi. Directeur, gérant de Largus.dz

«Il faut intégrer la reprise dans le réseau des concessionnaires»

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le 06.02.18 | 12h00 Réagissez


- Quelle analyse pourriez-vous nous faire aujourd’hui de la situation du marché du véhicule d’occasion en Algérie ?

Avant de répondre directement à cette première question, je voudrais, si vous le permettez, rappeler que le volume du marché du véhicule d’occasion est estimé à plus deux fois et demi par rapport à celui du véhicule neuf. Dans tous les marchés, quel que soit le pays, c’est à peu de chose près le même ratio. Le marché algérien est connu pour pouvoir absorber environ 450 à 500 000 unités par an, sans le crédit, ce qui permet de dire que celui du VO pèse plus d’un million de transactions par an.

Pour ce qui est de la situation du marché des véhicules d’occasion aujourd’hui, il connaît depuis quelques semaines, sinon depuis quelques mois, un blocage au niveau des transactions devenues de plus en plus rares en raison de la simple et bonne raison que les prix des véhicules sont tellement élevés que rares sont les acheteurs qui disposent de moyens financiers conséquents pour pouvoir passer à l’acte d’achat.Les gens affluent vers ces lieux de vente de véhicules, appelés «souks», mais ne trouvent en général pas d'offre qui corresponde à leurs capacités financières.

Cela est la conséquence directe de l’indisponibilité d’une offre cohérente en véhicules neufs. Cette indisponibilité du véhicule neuf impacte directement le prix de celui de l’occasion. D’autres facteurs viennent s’y greffer et contribuent à la hausse des prix des VO. Je peux citer la défaillance des transports publics, le besoin en mobilité, la sécurité, l’affirmation de soi et d’une manière générale la passion des Algériens pour l’automobile.

Par ailleurs, il est connu que l’achat d’un véhicule d’occasion au niveau des souks s’apparente aujourd’hui à une véritable aventure dans la mesure où l’éventuelle acquisition d’un VO comporte de nombreux risques majeurs pour l’acheteur.

Outre l’incertitude sur l’authenticité des documents du véhicule, je peux citer également l’usage de la pièce de rechange de contrefaçon, particulièrement lorsque la décision de vendre est prise, les réparations loin de répondre aux standards de la marque, surtout quand le véhicule a subi un choc important, le kilométrage affiché non conforme à la réalité, et enfin le risque d’agression au moment de conclure la transaction puisque dans certains cas, l’acheteur se fait dépouiller de son argent et repart bredouille, sans véhicule et sans son argent.

- Comment, selon vous, ce marché devra-t-il être organisé ?

De par le monde, il existe un métier qui n’a jamais été exercé par les professionnels de l’automobile dans notre pays : la reprise ! Ce métier est considéré à juste titre comme le quatrième pilier de l’activité d’un distributeur automobile qui vend des véhicules neufs, de la pièce de rechange d’origine, assume le service après-vente et vend également dans un réseau dédié le véhicule d’occasion.

Pour que ce métier intègre le réseau des concessionnaires ou des constructeurs, il est impératif que les pouvoirs publics dessinent le cadre juridique dans lequel ce métier devra évoluer.

Le métier de la reprise permettra de nombreux avantages à l’ensemble de la société algérienne. En premier lieu, s’il est mis en œuvre par les professionnels, il y aura des milliers de nouveaux emplois créés entre les techniciens dans les ateliers, les commerciaux dans les showrooms, les administratifs et le personnel dédié à la pièce de rechange.

Ensuite, le client qui viendra acheter dans ces réseaux de professionnels un véhicule d’occasion bénéficiera de la sécurité sur la transaction, avec une traçabilité sur l’historique du véhicule via le carnet d’entretien, et il pourra, s’il le souhaite, négocier un contrat de garantie, et enfin il achètera son véhicule avec une facture et l’ensemble des documents liés au véhicule en toute transparence et sérénité.

Pour le professionnel, le métier de la reprise lui permettra d’élargir son activité et d’accéder à un nouveau marché pour augmenter son chiffre d’affaires et ses bénéfices. Enfin, le Trésor public pourra collecter de nouvelles taxes qui lui permettront d’augmenter ses revenus, particulièrement en ces temps de crise. Au bout de compte, c’est donc l’ensemble de la société algérienne qui pourra bénéficier de ce métier.

Il suffit donc de structurer le marché du VO par la mise en place d’un cahier des charges dédié à cette activité pour que l’Algérien puisse acquérir un véhicule dans la dignité, la sécurité et au prix le plus juste. A ce titre, nous avons réalisé un sondage l’an dernier et 73% des personnes sondées se disent en attente de pouvoir acquérir un véhicule d’occasion dans un réseau organisé et structuré.

- Que va apporter dans ce cadre la plate-forme Largus.dz dont vous êtes l’initiateur ?

Pour rappel, Largus.dz, une filiale du groupe français Argus, a été lancée le 29 novembre dernier en droite ligne avec la démarche d’internationalisation initiée par le groupe il y a plusieurs années. L’Algérie est le onzième pays où le groupe Argus est présent. Nous sommes donc encore au début de notre parcours sur le marché algérien.

A ce titre, nous échangeons de manière permanente avec l’ensemble des entreprises qui constituent l’écosystème automobile national. Nous avançons bien et ces entreprises collaborent avec nous à travers des échanges intenses et fructueux qui nous permettent au bout de compte de mieux cerner les particularités de notre marché et de lui offrir en retour les valeurs qui se rapprocheraient le plus de la réelle valeur du véhicule d’occasion.

Nous voulons jouer notre rôle de tiers de confiance entre l’ensemble des intervenants dans cet écosystème, que ce soit le concessionnaire, le loueur, l’assureur et le consommateur. Largus.dz se veut un point de référence autour duquel la négociation peut être entamée entre l’acheteur et le vendeur, mais également entre l’expert des assurances, la compagnie et l’assuré quand un sinistre intervient.

Largus.dz, c’est également un référentiel sur lequel nous travaillons pour bien identifier le véhicule pour une plus grande transparence et de précision dans l’estimation de sa valeur. Enfin, je voudrais souligner que Largus.dz va connaître prochainement plusieurs évolutions. La première a déjà été entamée et consiste en l’enrichissement de notre référentiel, cela autorisera une approche plus complète dans la valorisation des véhicules, cette approche sera soutenue par un contenu technique lié aux véhicules référenciés.

Dans quelque temps, une ligne éditoriale sera intégrée dans le but de traiter aussi bien l’information automobile locale qu’internationale. Bien évidemment, la cote restera un élément distinctif et un plus indéniable pour le marché algérien, comme c’est d’ailleurs le cas dans les pays où elle est déployée par le groupe Argus. 

Rabah Beldjenna
 
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