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Jean Philipe Imprato, directeur général de la marque Peugeot

«En tant que patron de la marque, je n’attends que le signal du gouvernement

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le 11.03.17 | 12h00 Réagissez


La journée du 06 mars 2017 reste une journée mémorable pour Peugeot, n’est ce pas …

Le 06 mars 2017 dernier était une journée historique pour nous, car ce lundi à 10 h, on a eu un rapprochement avec Opel qui est extrêmement fort et dans l’après midi, à 15 h 30, on nous dessert le prix de la voiture de l’année avec la 3008. C’est le genre de journée dont on se rappellera longtemps.

Justement en quoi consiste cet accord avec Opel ?

C’est de notoriété publique que PSA rachète Opel et constitue un champion automobile européen. C’est ce qui s’est fait. Hier (lundi dernier, ndlr) cela a créé un champion automobile européen qui va faire entre 4 à 5 millions de voitures. Et avec 17% de pénétration sur le marché européen, c’est excellent pour eux et pour nous. On va combattre ensemble sur tous les marchés mondiaux.

Est-ce que cela implique aussi la reprise du réseau d’Opel dans le monde par le groupe PSA ?

Pas du tout. Opel fait sa vie. Opel est une marque allemande. Le patron du Groupe PSA, Carlos Tavares, l’a dit et répété, Opel garde son ADN allemand, son développement, son réseau, et son job de constructeur automobile et de marque et nous n’avons pas de prétentions particulières en la matière. Moi, Peugeot, le vrai sujet ce n’est pas de parler d’Opel, mais de la meilleure contribution que je puisse apporter à l’alliance. C’est de dépasser les 2 millions de voitures cette année et d’aller lutter sur tous les marchés mondiaux. J’espère pouvoir le faire en nous rapprochant des 50% des ventes hors Europe.

La marque Peugeot a enregistré une hausse de 12,3% en 2016. Comment analysez-vous cette performance ?

En fait, il y a deux événements. Il y a d’une part, un énorme succès hors Europe des véhicules utilitaires. Quand je regarde la direction au Moyen  Orient et en Afrique, le Partner a fait plus de 42% sur l’année 2016. Le boxer a fait le record des ventes historiques depuis qu’on a lancé la voiture, à 63 000 unités. Le véhicule utilitaire a très bien fonctionné. Et puis, la meilleure progression de la marque c’est la 2008, avec la meilleure progression dans certains pays avec plus de 18%.

Le produit a donc fonctionné. D’autre part, la réouverture de l’Iran, qui nous a ramené hors Europe un gros apport de volume, puisque l’Iran va représenter, l’année en cours, près de 400 000 ventes. Il y a eu le lancement de 2008, le 12 mars, et une rénovation complète de l’offre produite de l’Iran. Et puis dans le monde, en Ukraine, on a réalisé un volume de plus de 40 %, au Chili plus de 32%, en Argentine plus de 36%, au Japon on a enregistré un record de ventes depuis 2007, au Singapour et aux Philippines c’est une progression qui oscille entre 50 et 60 %.

Est-ce que ce n’était pas tout particulièrement l’Iran qui a contribué à cette progression ?

Ce qui est important ce sont les progressions pays par pays. Quelle que soit l’assiette de départ quand vous avez des gens qui font du 40, 50 ou 60 %. Cela veut dire qu’il y a une dynamique, et on veut ouvrir dans d’autres pays. Et quand Jean Christophe Quémard nous dit qu’il est capable d’ouvrir des opérations, et bien on ouvre. D’ailleurs, on ouvre au Kenya, en Ethiopie, et dans toutes les destinations où l’on pourra mettre un drapeau. N’oublions pas que Peugeot a une longue histoire à l’international.

Peugeot a une très bonne histoire avec le continent africain. Avec ‘‘Peugeot is back’’, je me mettrai au service du patron de la région, Jean Christophe Quémard pour qu’on pousse Peugeot partout. Dès que je peux planter un drapeau quelque part, que j’ai la possibilité de le faire du point de vue réglementaire, alors je viens. Mais il faut me donner la possibilité de le faire. Il n’y a pas de petit pays, ni de petit clients.

Et quel a été le produit particulier qui a contribué à ce succès ?

Les trois premières autos de l’année, c’est le modèle Peugeot 208, 2008 et 308, parce qu’on n’avait pas encore l’effet du 3008. Mais, quand ce dernier est arrivé au mois d’octobre, en 5 mois on a fait 125 000 commandes. C’est exceptionnel. On est en train de vivre quelque chose comme à l’époque de la 206.

Sur le plan de stratégie, quelles sont vos priorités à l’avenir ?

On déroule notre gamme d’une manière pressente, on a un seul modèle en termes de stratégie. Cela veut dire que tous les ans, je lance une voiture par région et ce, jusqu’en 2025. Une fois ma gamme (208, 308, …) implantée, je lancerai chaque fois le haut de chaque gamme de produit avec un niveau de finition au-dessus qui s’appelle Gt line, Gt ou GTI qui est la réponse, montée en gamme de la marque.

Car les clients le veulent. 85 % de mix des ventes du 3008 c’est des Allure, Gt line et Gt. Ce n’est pas moi qui ai décidé, ce sont les clients qui veulent de belles autos. Je veux être haut de gamme

Deuxième point. Je veux aussi être généraliste. Chaque fois que vous aurez une nouvelle voiture si je mets le High cockpit dedans, tout le monde l’aura.

Le 3e point de ma stratégie, c’est qu’entre 2019 et 2023, 80% de la gamme seront hybrides électrique-essence. Je vous amène jusqu’au 2025, en étant généraliste, haut de gamme, et en basculant sur les nouvelles énergies au fur et à mesure que le marché nous le demandera. On ne fera pas de véhicules spécifiques.

On a remarqué par exemple que le logo de la 301 facelift revient sur la calandre. Est-ce un retour à l’identité historique de la marque ?

Si. Parce que partout, je vous donne la convergence. J’ai dit qu’il n’y a pas de petit marché. Il n’y a pas de petite destination et au fur et à mesure du lancement, quand je veux voir une Peugeot is back, je veux avoir une attention toute particulière sur le développement des produits hors Europe en termes de conception, de signature. Je connais la richesse d’une marque. Ce qui reste d’une marque ne meurt jamais. Cette marque est bicentenaire.

Le groupe PSA a initié trois projets au Maghreb dans le cadre de sa stratégie industrielle. Seulement, le projet algérien de Peugeot traine encore…

Je pense que la question est beaucoup plus de l’autre côté de la mer qu’autre chose. Je ne veux pas m’étendre sur les détails techniques du dossier, mais ce que je peux vous dire c’est que Jean Christophe Quémard, le patron de la région, suit bien le dossier. Je n’ai jamais vu un garçon aussi engagé et aussi volontaire pour de telles opérations. Il en a fait une affaire personnelle, il a envie que ça marche. Lui, il n’a besoin que d’un signal et pendant cet instant, il n’a pas de temps à perdre, il continue ses opérations avec les autres.

C’est comme ça que je comprends la situation. Peut-être que je me trompe, mais je peux vous dire que dans le groupe, tout le monde est prêt. Je pense qu’il a déposé des dossiers, il a fait son job. Moi, en tant qque patron de la marque, je n’attends que le signal, le jour où on lance une voiture, je ferai l’inauguration. Il n’y a pas de problème, moi je suis prêt. Pour nous, il n’y a pas de petit pays et il n’y a pas de petit client. J’espère qu’un jour ce signal arrivera au bon moment. Parce que pour nous, le groupe avance.
 

Rabah Beldjenna
 
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