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Que devient «Les vraies richesses» ?

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le 23.09.17 | 12h00 Réagissez

Après-midi ensoleillé à Alger. En descendant la rue Arezki Hamani (ex-rue Charras), on croise forcément cette petite bibliothèque avec une belle citation inscrite à l'entrée : «Un homme qui lit en vaut deux».


Cette annexe de la Bibliothèque centrale d'Alger est elle-même située face à deux librairies. Une concentration record de livres au mètre carré, surtout si l'on ajoute la bibliothèque du Centre culturel universitaire, située plus bas, ainsi que les bouquinistes installés à même le trottoir. Cette bibliothèque de prêt, gérée par l'établissement Arts et Culture, n'est autre que l'ancienne librairie «Les vraies richesses» où a commencé l'aventure éditoriale d'Edmond Charlot.
A l'intérieur de ce réduit de 28 m2, les étagères sont lourdement chargées et bien organisées. On y trouve beaucoup de romans de tous horizons, parmi lesquels de grands chefs-d'œuvre de la littérature universelle, des livres d'histoire touchant à l'Algérie et à d'autres pays et civilisations présentes et passées, des livres de philosophie, de sciences humaines… Ici Platon côtoie Mohamed Arkoun et Kateb Yacine voisine avec Franz Kafka.

Autant de remèdes contre la bêtise et d'excitants pour la pensée et l'imaginaire. La bibliothécaire n'est pas peu fière de nous montrer les «vraies richesses» que renferme encore ce lieu de savoir qui assure une vocation d'espace culturel de proximité. La petite mezzanine où se nichait le jeune Camus pour écrire parfois est aujourd'hui consacrée à la littérature jeunesse. Le public des abonnés est diversifié et comprend beaucoup de retraités, qui consacrent leur temps à la lecture et amènent souvent enfants et petits-enfants afin de leur transmettre le virus. Le local n'a quasiment pas cessé d'assurer sa mission de promotion du livre depuis sa création en 1936.
Après le départ d'Edmond Charlot en 1947, c'est son frère Pierre qui prit le relais, puis sa femme. Plastiquée par l’OAS en 1961, la librairie a continué à fonctionner jusqu'en 1994 au milieu de la décennie de terrorisme. C'est en 1998 que le local ouvre de nouveau en tant que bibliothèque de prêt attachée à la bibliothèque centrale d'Alger. La sentence qu'on peut lire aujourd'hui sur la porte était déjà inscrite sur une pancarte du temps d'Edmond Charlot. Si un homme qui lit en vaut deux, c'est dire la valeur exponentielle d'un passeur de livres.

Article paru initialement dans El Watan Arts & Lettres du 28 mai 2016. Après vérification, l'établissement assure toujours sa mission.

Walid Bouchakour
 
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