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Culture . Le plan d‘action du gouvernement Ouyahia

Palliatif ou perspective ?

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le 23.09.17 | 12h00 Réagissez

Jeudi dernier, l’Assemblée populaire nationale a adopté le plan d’action proposé par le Premier ministre. Le document comprend un chapitre intitulé «La poursuite de l’effort de promotion de la culture» dont l’intitulé, manifestement destiné au monde des arts et des lettres, vise à rassurer. Traduction : contrairement à ce qui se dit de plus en plus, au vu des restrictions budgétaires déjà introduites, l’Etat n’abandonnera pas ce secteur. 

Le chapitre commence par énumérer les infrastructures principales réalisées entre 2000 et 2017 : 27 maisons de la Culture sur les 49 que compte le pays ; 15 théâtres sur les 22 existants ; 35 musées sur 43, et enfin 383 nouvelles bibliothèques intégrées dans le réseau de lecture publique qui en comprend à présent 386. Un résultat inédit depuis l’indépendance, sauf que la culture ne se limite pas aux murs et équipements. L’Opéra d’Alger est cité dans cet ensemble sans mentionner qu’il est un don de la Chine.

En douze résolutions, se dessinent les grands axes de l’action culturelle à entreprendre dans un contexte économique ardu. Il est question d’encourager les vocations artistiques et d’élargir l’accessibilité aux activités culturelles. Sur ce point, le milieu scolaire est appelé à «assurer l’accès aux pratiques artistiques», tandis que la fréquentation des espaces culturels devrait bénéficier de la révision des horaires d’ouverture qui n’est cependant qu’un élément secondaire d’attractivité. Plusieurs autres orientations sont énoncées : protection du patrimoine, défense des droits d’auteur, soutien des jeunes artistes, formation, diffusion de la culture nationale dans le monde, reconnaissance envers les artistes «méritant», protection sociale, etc. Des généralités bien qu’on ne s’attende pas dans un programme gouvernemental à des détails qui relèvent de la planification ministérielle.  

Certaines résolutions indiquent une volonté d’ouverture aux initiatives privées, annoncée depuis au moins deux ans sans donner jusque-là des résultats probants, en raison d’un climat général des affaires encore faible et de l’absence d’un dispositif multi-ministériel d’encouragement par la fiscalité ou autres types de mesures. Il est question ainsi «d’œuvrer à une plus grande implication des collectivités locales dans l’animation de la vie culturelle et à la déconcentration de certaines attributions». Ou encore «encourager la mobilisation d’autres sources de financement, y compris le sponsoring, qui viendront s’ajouter aux concours publics…». On projette également de «soutenir le développement de la chaîne économique du livre», de «développer un marché des œuvres d’art». L’activité cinématographique sera dynamisée, «y compris par des mesures incitatives à l’investissement» (salles, studios, productions).

On sent un frémissement transitionnel, mais sans que celui-ci ne s’affirme pleinement. L’investissement privé apparaît comme complémentaire ou palliatif et il n’est pas fait mention d’un développement des industries culturelles qui, en plusieurs lieux du monde, ont fait de la culture, non plus un fardeau, mais un apport en termes d’emplois et de plus-value nationale. 

Ameziane Ferhani
 
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