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2017 : L'année culturelle

Malgré tout !

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le 30.12.17 | 12h00 Réagissez

L’année passée s’ouvrait sous le signe de l’austérité tous azimuts.

Et le secteur culturel n’y échappait pas, avec une diète de financements publics et de larges coupes dans le programme des festivals. En cela, l’année qui arrive ressemble férocement à celle qui s’achève. Mais la bonne nouvelle est que les prévisions de disparition de l’activité culturelle ont été globalement démenties.

En effet, dès le début de l’année nous n’avons cessé d’accueillir, avec un plaisir non dissimulé, des initiatives indépendantes offrant des espaces d’exposition ou d’expression aux artistes et plus largement au monde de la culture. Revues indépendantes, salles d’exposition, espaces de débats mais aussi art de rue et performances artistiques… Les activités n’ont pas manqué. Les difficultés aussi, à l’image des déboires du café littéraire d’Aokas face aux autorités locales. De leur côté, les festivals institutionnalisés ont su, pour la plupart, se maintenir à niveau en dépit des coupes budgétaires.

Certains, à l’image du Festival international du cinéma d’Alger, ont même organisé des éditions de qualité sans dépendre du financement public. D’autres ont instauré une entrée payante. Comme l’eau trouve son chemin à travers la roche, l’art trouve ses voies vers le public, quitte à les créer. Cela dit, on n’occultera pas les embûches que rencontrent des événements de qualité, à l’image du Dimajazz de Constantine afin de disposer des infrastructures nécessaires.

On n’occultera pas non plus les déplorables intrusions à caractère politique dans l’organisation du Salon international du livre d’Alger, qui reste l'événement le plus fréquenté, tous domaines confondus. Si nous saluons l’initiative indépendante, la culture doit aussi rester un service public. N’est-elle pas reconnue comme un «droit garanti au citoyen» dans la Constitution ?

La culture ne se réduit évidemment pas à l’événementiel, elle est d’abord nourrie des efforts créatifs. Et les créations n’ont, toutes proportions gardées, pas manqué non plus. On citera notamment les belles réalisations dans le cinéma et la littérature qui ont décroché pour certaines une visibilité internationale.

En effet, l’année s’est ouverte avec la campagne de promotion du Puits, de Bouchouchi qui, si elle le ne l'a pas mené aux Oscars, a tout de même permis de mettre en avant cette belle œuvre. Au festival de Cannes, En attendant les hirondelles, de Karim Moussaoui, n’est pas passé inaperçu. Salué par la critique, ce long métrage augure du meilleur avenir pour ce représentant de la jeune garde du cinéma algérien. En littérature, c’est une kyrielle de prix et de distinctions que nos auteurs ont décrochés en Algérie, mais surtout en Europe et au Moyen-Orient.

Il faudrait également parler de musique avec de jeunes groupes qui redoublent de créativité et se débrouillent eux aussi en dépit de la crise du disque et de la pauvreté de la programmation (étonnante à la vue de l’infrastructure disponible sur le territoire national). On ne doit pas non plus oublier le développement formidable de la photo avec de jeunes artistes qui nous offrent, à nous et au monde, des images inédites de l’Algérie actuelle...

Comme dit le proverbe «le nouveau, aime-le et l’ancien, ne le délaisse pas». L’émergence de nouveaux talents n’éclipse en rien les artistes au long cours qui n’ont de cesse de nous étonner par de nouvelles créations. 2017 a été l’année des 50 ans de carrière d’Aït Menguellet avec la sortie d’un album où le chanteur se renouvelle dans ses thématiques et sa musique.

Au théâtre, Slimane Benaïssa a également fêté ses cinquante ans de scène avec un retour triomphal de sa pièce d’anthologie Babor Ghraq. Enfin, l’année s’achève sur l’annonce du grand retour d’Idir avec un concert à la coupole en janvier. De quoi augurer, malgré tout, d’un assegas amegaz. Bonne année !

 

Walid Bouchakour
 
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