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Art et littérature . Croisements féconds

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le 08.04.17 | 12h00 Réagissez

 
	œuvre de Ammar Bouras
œuvre de Ammar Bouras


Quand les arts parviennent à s’échapper des limites de leur discipline pour dialoguer entre eux, ils multiplient leurs effets et donnent à la création une dimension exponentielle. C’est ce qui fonde la grandeur sublime de l’opéra qui mêle la musique, le chant, les arts visuels, la dramaturgie et, maintenant, même le septième art.

Mais, généralement, chaque type d’expression demeure dans son pré carré au point où, même du point de vue des relations entre créateurs, les fréquentations se cantonnent à leurs guildes, quand ce ne sont pas leurs bandes. S’il est un recul observé par rapport aux années 70’ et 80’ (bien que souvent exagérément mythifiées), c’est bien celui de ce cloisonnement. On pouvait alors voir des écrivains et des musiciens aux expositions, des peintres aux débats littéraires, des cinéastes aux générales de pièces de théâtre, etc. Ces murs disciplinaires seraient peut-être en train de se délabrer. Bien peu mais assez pour relever des signes encourageants et témoigner d’expériences motivantes.

C’est le cas de l’exposition de Ammar Bouras à Espaco, l’espace d’art contemporain d’El Achour*, dont le titre étrange, «24°3’55’’N-5°3’23’’E», désigne la latitude et la longitude du lieu où a explosé, en mai 1962, la seule bombe française enfouie, parmi une douzaine d’essais nucléaires au Sahara algérien. A In Ekker, dans le Hoggar. Mais l’objet de la création de l’artiste, déclinée en photos, volumes et vidéo, est moins la bombe que la persistance de son impact sur le milieu dans toutes ses dimensions. De cette remarquable «explosition», il a été question plusieurs fois dans les médias.

Ce que nous voulons valoriser ici, c’est l’interaction que
Bouras a provoquée en sollicitant des «plumes» pour accompagner librement sa création. Librement car, à part la commissaire d’exposition, Nadera Laggoune, dans son rôle de présentatrice de la manifestation, les auteurs n’ont pas commenté mais créé.
Hajar Bali, Habiba Djahnine, Adlene Meddi et Mohamed Sari ont ainsi investi le catalogue de l’exposition comme un espace de création littéraire, écrivant des textes courts qui viennent croiser leurs sens avec ceux des œuvres.

C’est un bel exemple de collaboration entre l’art visuel et la littérature. Il devrait donner des idées similaires et susciter des démarches créatives entre disciplines différentes. Nous donnons à lire dans cette édition (pages 14 et 15), le texte magnifique de Mohamed Sari, véritable petit conte moderne qui exprime de manière sensible l’invisible tragédie des essais nucléaires, ainsi que celui de Hajar Bali, délicat et étonnant puisque son point de vue littéraire sur la bombe de In Ekker débute dans une station de métro parisienne sur une copie du «Penseur» de Rodin. Bonne lecture.

A & L

Le catalogue de l’exposition, édité par Barzakh, est en vente à Espaco Gallery. Résidence CMB 196, Oued Tarfa, El Achour, Alger. Tel : 023 24 39 27. Expo jusqu’au 24 avril.

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