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Fronton : Savoir ce qu’on ignore

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le 29.07.17 | 12h00 Réagissez


Oui, le titre de cette chronique peut être pris pour une lapalissade, mais ce n’en est pas une. Elle l’aurait été dans le cas où il s’agirait d’apprendre ce qu’on ignore puisque qu’on ne peut apprendre que cela. Mais vouloir savoir ce qu’on ignore a du sens car cela suppose que l’on sait déjà ce que l’on sait, ce qui n’est pas aussi évident qu’on peut le croire. Aristote disait : «Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien». Socrate, quant à lui, affirmait : «Savoir c’est se souvenir».

Une autre personne qui n’est pas un philosophe grec a dit : «C’est fou tout ce que nous ne savons pas sur nous!». Il s’agit du sculpteur et designer d’objets, Rédha Skander, que j’ai rencontré il y a quelque temps. Il me parlait à ce moment, non pas de l’être humain en général, mais de «l’homo algerianus» dont l’histoire et le patrimoine demeurent encore sous-étudiés. Je vois encore son expression désolée pendant qu’il me disait cela, le regard perdu vers l’horizon, par dessus mon épaule.

D’un côté, il est certain que d’énormes pans de notre passé restent inconnus ou imprécis et ceux que l’on connaît ne sont souvent traités que sous l’angle de l’histoire politique ou militaire, des empires ou royaumes, des souverains et personnalités, etc. Mais trop rarement du point de vue de la vie quotidienne.

Comment, à telle ou telle époque, se nourrissait-on, s’habillait-on, pensait-on, se mariait-on, élevait-on les enfants et autres activités ? Quelle était la production culturelle aussi ? D’un autre côté, il serait injuste de ne pas signaler les recherches historiques intéressantes qui ont pu être menées dans ce sens, comme celle de Fatima Loualich sur la famille à Alger aux 17e et 18e siècles (A & L. 01/07/17). Mais il n’y en a que trop peu et ce qui existe n’est pas assez publié ou diffusé.

Ce qu’on pourrait appeler la popularisation de l’histoire a toujours laissé à désirer. Quant à son enseignement, il s’est enlisé depuis l’indépendance dans une superficialité rigide (apprendre par cœur au lieu de comprendre) au point de devenir un repoussoir pour les élèves. Pas étonnant dès lors que les livres les plus vendus – après les recettes de cuisine cependant – sont ceux qui traitent du passé de l’Algérie. Cela dénote d’une soif de nos compatriotes à l’égard de leur histoire !

Pour cela peut-être, plusieurs d’entre eux se demandent si l’Algérie a une identité lointaine et profonde sans considérer par exemple que l’Allemagne et l’Italie n’ont réalisé leur unité en tant qu’États-nations que vers la fin du 19e siècle. Voilà un sujet pour vos vacances puisque la semaine dernière je vous invitais ici à renouer avec l’art et les plaisirs de la conversation. «Ne bronzez pas idiots», comme le clamait le fameux slogan publicitaire. Et si vous avez choisi Cap Aokas comme destination, munissez-vous d’un parasol, de lunettes de soleil, d’un masque de plongée et, tant qu’on y est, d’un autre à gaz. Quelle histoire !
 

Ameziane Ferhani
 
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