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Fronton : Rétro post-ftour

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le 01.07.17 | 12h00 Réagissez


Après un exercice soutenu de «ferveur et de piété», comme le journal El Moudjahid en nos vertes années qualifiait immanquablement le Ramadhan (bien que nos compatriotes, portés sur l’inversion des choses, s’appliquent à faire de ce mois sacré un sacré mois) et après l’Aïd El Seghir, qui, comme de coutume, a croulé sous un déluge de makroutes et de textos, jetons un regard rétrospectif sur un mois d’activité culturelle post-ftour.

Cette année encore, plage horaire oblige, les manifestations débutaient à 22 h. La contrainte n’a pas empêché l’engouement des publics, confirmant la propension des Algériens et des Algériennes à «sortir» et à aller au-devant des spectacles ou autres activités. A maintes reprises, la réservation restant une pratique méprisée, des salles se sont trouvées combles avec des retardataires sur le trottoir sans session de rattrapage.

Une appréhension rôdait, liée aux effets de la crise économique. D’aucuns annonçaient un Ramadhan aux allures de no culture’s land. On a pu, au contraire, assister à un foisonnement avec, cependant toujours, cette concentration sur la capitale encore qu’elle ait diminué et que l’activité à l’intérieur du pays, où la communication reste locale, n’est pas toujours visible. A Alger en tout cas, l’offre était assez abondante pour entraîner des dilemmes dans le choix des programmes. Lesquels, de plus, concernaient presque toutes les disciplines.

Ce Ramadhan 1438 aura balayé la tendance d’antan, quand la culture nocturne se résumait quasi exclusivement à la musique patrimoniale. Il y a eu de belles prestations sur ce plan, comme à l’Opéra, mais aussi la présence d’autres musiques ainsi que des vernissages, rencontres littéraires, ouvertures tardives de librairies ou du théâtre, à l’image du retour, 34 ans après, de Babour ghraq, de Slimane Benaïssa.

On a même noté quelques innovations intéressantes, comme l’expérience de la libraire Point Virgule de Chéraga, qui a demandé à des écrivains et écrivaines de venir choisir devant les lecteurs des livres sur ses rayons et de les commenter en direct. Une façon de découvrir autrement les auteurs qui sont aussi des lecteurs.

La richesse (relative n’est-ce pas ?) de ce Ramadhan culturel est due autant aux institutions rattachées au ministère de la Culture qu’au secteur indépendant (associations, entreprises privées, galeries d’art) de plus en plus présent et actif. Il faut rendre hommage à tout ce beau monde, aux situations diverses, mais au contexte commun éprouvant, qui a réussi un pari qui ne concerne cependant qu’un mois sur douze.

Rendre hommage aussi aux quelques entreprises mécènes, qui, en dépit de la crise, ont compris qu’aider l’art et la culture ne pouvait pas leur nuire, loin de là. Une nouveauté, l’organisation durant ce mois particulier de quelques débats sur le cinéma, la peinture ou la situation du secteur culturel. Le besoin de réflexion est immense. Il est vital de l’encourager.
 

Ameziane Ferhani
 
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