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Fronton : Fahrenheit 140

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le 08.07.17 | 12h00 Réagissez


La révolution numérique est un des moments majeurs de l’histoire de l’humanité, presqu’aussi important peut-être que la découverte de l’agriculture au néolithique. Des changements radicaux en découlent au plan de la culture, entendue dans son sens le plus large, soit jusqu’aux visions, représentations, pratiques et relations au sein des sociétés et, désormais aussi, à l’échelle de la planète.

L’avènement du cyberespace s’est traduit entre autres par l’inversion extraordinaire d’un usage en vigueur depuis toujours. Jusque-là, celui qui détenait l’information et la cachait par-devers lui était censé détenir le pouvoir. Avec internet, plus l’on diffuse d’informations, plus on est censé générer de l’influence. Phénomène analogue dans les échanges commerciaux : les distributeurs se sont complètement imposés aux producteurs.

L’irrésistible expansion numérique charrie bien des progrès et des aspects positifs. Mais, faute des balises qui vont avec, elle risque de faire exploser certains principes et usages universels qui ont permis, vaille que vaille, de réguler et d’équilibrer les rapports entre individus, groupes et pays. Des principes qui remontent au moins à la civilisation mésopotamienne et ont forgé, avec le Code d’Hammourabi, tout le droit humain et ses valeurs.

Les réseaux dits sociaux ont longtemps joui d’une intolérable impunité. Sous couvert d’anonymat, on pouvait insulter et salir autrui, appeler à la haine et même à la mort. Ce n’est pas fini, mais des mesures ont été prises ça et là dans le monde. Cependant, celles-ci visent plus à exercer des surveillances locales qu’à établir, dans le respect des libertés, des règles universelles pour éviter que le cyberespace ne devienne à jamais le royaume de l’irrespect, de la malveillance et du non-droit. Serait-ce peine perdue quand on constate que les pouvoirs politiques s’engagent eux-mêmes sur les voies superficielles des nouvelles technologies telles qu’utilisées actuellement ?

Le chef de la première puissance au monde gère sa fonction à coups de tweets rageurs et fantaisistes, procédé popularisé par son prédécesseur avec retenue cependant. Le golfe Persique est en crise au prétexte, entre autres, d’un message numérique dont l’auteur présumé, important émir, affirme qu’il s’agit d’un piratage. Chez nous, un Premier ministre étranger s’est autorisé à prendre une photo du président de la République sur son portable et, désormais, dans le monde, on parle même de «diplomatie du tweet» !

Si l’on continue à tolérer que les politiques délaissent les canaux officiels (communiqués, conférences de presse, discours…) pour utiliser les mêmes outils que le moindre adolescent boutonneux de la planète, où peut aller le monde ? La littérature de science-fiction est pleine d’enseignements. Scénario plausible de roman : demain, une guerre pourrait éclater parce que les doigts légers d’un dirigeant ou d’un souverain auraient tapé 140 signes sur son mobile !
 

Ameziane Ferhani
 
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