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Fronton : Considération et considérations

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le 17.06.17 | 12h00 Réagissez


Doit-on faire la fine bouche à propos de l’attribution récente de la médaille du Mérite national à environ cinquante artistes, écrivains et intellectuels ? Notons déjà qu’il a fallu bien du temps pour que ces catégories y accèdent. Créée en 1984, cette distinction décernée par le président de la République n’a concerné le monde culturel que quinze ans après, soit en 1999 (Moufdi Zakaria, Mohamed Laïd el Khalifa, Mostefa Lacheraf, El Anka, Mohamed Toumi, Mustapha Kateb et Fadela Dziria) puis Roger Hanin en 2000 et Warda el Djazaïria en 2004. Après un autre laps de temps de treize ans, est venue la liste du 16 avril dernier avec trente nominations dont 15 posthumes puis cette dernière comportant 47 noms.

Bien sûr, on peut discuter du «casting» et relever par exemple des niveaux différents de contribution ou de notoriété, noter des absences notoires ou s’interroger sur la hiérarchisation entre les grades et dignités de cet Ordre. On peut aussi n’y voir qu’un exercice de démonstration politicienne et n’analyser le fait que sous ce seul angle. Nous résumons là les réactions les plus saillantes recueillies dans le milieu artistique ou auprès de quelques citoyens, sans doute non créateurs d’œuvres mais consommateurs de culture.

Il faut néanmoins considérer que jamais autant de personnalités culturelles n’ont été retenues pour la plus haute distinction de la Nation. Si tous ceux et celles qui pourraient la mériter ne peuvent y figurer en une seule fois, le retard à rattraper reste considérable. Il reste à espérer que le rythme d’attribution soit maintenu pour la culture sans dévaloriser la distinction elle-même. Là se pose la question de l’appréciation, toujours délicate quand les notoriétés ne correspondent pas toujours à une réalité, que la critique artistique et littéraire demeure faible, que le champ des inclinations et goûts dans la société est immense.

Il faut considérer aussi que l’Ordre du mérite national n’est pas le baccalauréat. On n’y postule pas. Au delà de la récompense, il sert aussi à marquer la vision culturelle de l’Etat. Et, on peut, au gré des listes constater qu’elle dégage un esprit d’ouverture et une volonté d’affirmer la diversité des expressions (disciplines, langues et univers créatifs) avec une reconnaissance plus accentuée de la culture populaire, patrimoniale ou vivante. Soit toutes choses que les auteurs, interprètes et leurs publics espèrent voir davantage promues sur le terrain. La reconnaissance symbolique au plus haut niveau de l’Etat est une belle chose.

Elle doit cependant s’accompagner d’une reconnaissance de base. Dans la distribution et la diffusion des œuvres. Dans l’environnement (dénominations d’établissements, de rues et d’espaces). Et surtout à l’école (programmes, manuels, animation culturelle) car la meilleure considération demeure bien celle des générations montantes, soit dans la tête et le cœur des millions d’enfants et d’adolescents qui peuplent nos classes.
 

Ameziane Ferhani
 
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