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Fronton : Confidences décennales

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le 31.12.16 | 10h00 Réagissez


Aujourd’hui, aux douze coups de minuit, l’année nouvelle s’étendra sur le monde. Je ne cesserai jamais de m’étonner sur le fait que le mécanisme le plus puissant de l’univers, le Temps, soit aussi parfaitement silencieux et invisible quand un seul misérable grillon peut saboter la sieste de tout un quartier.

Et puisqu’on parle de temps, tenez, cela fait maintenant dix ans que j’ai pris en charge Arts & Lettres et que je vous inflige hebdomadairement ma chronique. La solitude du chroniqueur devant la feuille blanche est une épreuve dont on finit par sortir avec plus ou moins de réussite, ou pas du tout d’ailleurs. Mais on s’en sort quand même, notamment en pensant aux confrères qui animent des chroniques quotidiennes !

Cependant, l’issue n’est jamais certaine et elle me fait toujours penser à mon défunt père qui m’envisageait notaire ou diplomate et fut un peu désappointé par ma passion journalistique. Il me déclara alors que seul mon prénom m’appartenait et que mon nom était celui de toute la famille. Je l’entends encore me dire : «Tes aïeux te l’ont laissé propre, ne t’avise pas de le salir». C’est ce que je raconte aux journalistes débutants qui me demandent conseil. J’espère avoir honoré jusque-là l’injonction paternelle.

En tout cas, à chaque fois que j’ai dû signer, elle m’a obligé à relire mon texte à plusieurs reprises avant d’apposer ce patronyme dont je ne suis qu’un des actionnaires. Mais en dehors de sa propre famille, il y a celle des lecteurs et lectrices avec laquelle on partage une étrange parenté, lointaine mais aussi puissante que celle du temps. Ces milliers de regards invisibles sur vos mots peuvent peser lourd sur une plume.
Plusieurs lecteurs rencontrés dans la vie réelle m’ont demandé pourquoi j’avais nommé ma chronique «Fronton».

Voilà pourquoi, à l’usage de tous. Fronton, à cause de cet élément d’architecture qui couronnait les temples anciens et les entrées d’édifices et qui ouvre ici le supplément culturel du journal. Fronton aussi à cause de ce personnage antique, Fronton de Cirta, un Numide bien de chez nous qui devint un grand grammairien latin et le professeur de plusieurs empereurs romains. Il était très sérieux, on s’en doute, mais savait se moquer de lui et du monde puisqu’il a écrit un Eloge de la négligence.

Fronton enfin parce que la racine du mot, «front», est le symbole de la réflexion sur un visage et un symbole de lutte dans l’histoire, comme celle que porta le peuple algérien et qui demeure magnifique en dépit de tout. Enfin, comment ne pas remercier ici mes lecteurs et lectrices, le staff du journal qui m’a fait confiance, mes confrères et consœurs toujours disponibles à mon égard ? Et puisque 2017 s’avance vers nous avec quelques gros cumulus, présentons-lui avec honneur et détermination le fronton de nos valeurs et de nos espérances.
 

Ameziane Ferhani
 
 
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