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Dates et patates

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le 22.04.17 | 12h00 Réagissez


Les journées commémoratives sont souvent injustement décriées, car elles dépendent plus de ce qu’on en fait que de ce qu’elles sont. Nous venons de célébrer la Journée nationale du savoir, instituée en référence au décès, le 16 avril 1940, du cheikh Abdelhamid Ben Badis. Le rendez-vous a donné lieu à de multiples activités. Mais comme pour toutes nos commémorations, on y sentait le poids du conformisme et le primat du ronron, un comble lorsque l’on veut honorer un penseur qui avait écrit en 1931 : «En cas de conflit entre la raison et la tradition, c’est à la raison qu’il appartient de décider.» Il y a eu cependant quelques initiatives intéressantes qui peuvent indiquer la voie d’une véritable promotion du savoir. Mais comment envisager celle-ci quand les modèles dominants de réussite sont à l’opposé ? Demandez-le à nos bambins qui rêvent de devenir gérants de pizzeria, importateurs de bananes ou footballeurs.   

Lors de la Journée du savoir, le président de la République a décerné quinze médailles du Mérite national à des artistes et écrivains, dont certaines à titre posthume. Si la liste a pu être contestée, c’est moins pour le choix des personnes que pour le déficit accumulé de reconnaissance à l’égard de nombreuses autres en «liste d’attente». La sélection indique cependant une évolution de la conception officielle du champ culturel national en y incluant des pans de l’expression algérienne jusque-là minorés ou rejetés. Mouloud Mammeri, qui fut un temps un pestiféré culturel, figure dans ce panthéon symbolique de l’Algérie, lui dont les déboires ont abouti au Printemps berbère, le 20 avril 1980. Il est donc significatif qu’au moment où l’on célèbre le centenaire de la naissance de l’écrivain et anthropologue, le Premier ministre déclare à Oran que Youm El Ilm et le Printemps berbère soient «deux dates phares de l’histoire de l’Algérie pour la consécration de son identité». Combien de temps a-t-on gâché, dommages collatéraux compris, pour y parvenir ?    

Nous revenons dans ce numéro sur la Journée du savoir à travers une conférence intéressante à propos de cheikh El Medjaoui, personnage encore méconnu dont Ibn Badis prononça l’oraison funèbre en 1914. Puisque nous sommes en plein Mois du Patrimoine, il est question des 20 ans de l’attentat contre le monument de Aïn Fouara, à Sétif, le 22 avril 1997. D’une date à l’autre, en passant par la Journée internationale du jazz, le 30 avril, signalons pour demain la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Une occasion de rappeler le fabuleux texte d’El Jahiz à ce propos : «Le livre est un vase plein de savoir, un récipient imprégné de raffinement, une coupe emplie de sérieux et de plaisanterie.» Mais ces mots ont-ils une chance de résonner dans la présente campagne pour les législatives où les programmes culturels des candidats rivalisent de légèreté ? Il est vrai que la pomme de terre est un grave sujet de préoccupation. Aussi vrai que pour qu’il n’en soit plus un, il faut encore du savoir.
 

Ameziane Ferhani
 
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