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En vers…

Augustes mots

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le 22.07.17 | 12h00 Réagissez

De recueil en recueil, Amin Khan, qui a reçu en 2012 le prix Méditerranée de la poésie Nikos Gatsos et le prix François Coppée de l’Académie française, poursuit ses passions et affine sa poésie, toujours à la recherche d’une écriture épurée, légère mais profonde, sobre et ciselée.

Aujourd’hui, il est sans doute l’un des plus grands poètes algériens vivants, ses aînés ayant pour la plupart disparu, tandis qu’une nouvelle génération apparaît, sans doute moins prestigieuse, mais présente et montante, valeureuse même dans une époque où la poésie apparaît comme le dernier des soucis. Et l’on peut dire que sa poésie se situe à mi-chemin entre les deux, nourrie d’un côté par le souffle des premiers, soucieux de la force de leurs textes et de l’élégance de leur verbe, et proche, de l’autre, des recherches d’audace des deuxièmes.

Une poésie classiquement contemporaine ? Cette opposition forcée, sinon aberrante, pourrait néanmoins aider à illustrer ou situer sa création littéraire. Mais, en dehors des recherches académiques, une poésie a-t-elle besoin d’être définie quand on attend d’elle l’émotion des mots et des images devenant mélodie et rythme pour traduire la confidence publique d’un être humain s’adressant aux autres ?  

Avec Poèmes d’août*, qui est probablement son huitième recueil, Amin Khan nous entraîne une fois de plus dans les méandres de la vie, convoquant dans le même sillage scènes du quotidien, bouillonnements de l’esprit, géographies réelles ou imaginaires, souvenirs et projections, jeux et pièges de la mémoire, spectres de l’histoire, formes, couleurs et odeurs.
Un inventaire à chaque fois actualisé de l’existence délivré avec une concision des vers qui s’articulent dans une fluidité, comme s’il voulait nous amener (rêve suprême de tout poète), non pas à les lire seulement mais à les dire à haute voix pour les superposer à sa voix intérieure.

L’amour est toujours l’acteur principal de cette cinématographie littéraire, dont le casting comprend de nombreux autres personnages : oubli, guerre, vieillesse, envie, silence, bêtise, rêves… On y voit même surgir sa ville natale où il ne vit plus mais revient parfois, campée comme une femme s’adressant directement à lui dans un exercice désespéré de séduction : «Alger penchée sur moi/ comme pour me dire/ ça fait longtemps/ avec un air feint/ de gourmandise// alors quand est-ce que tu reviens/ t’amuser avec moi/ dans la chambre en ville/ où la poussière du soleil/ passe à travers les volets clos// le matelas acide s’ennuie de toi/ aujourd’hui il fait chaud mais/ j’ai gardé de l’eau dans la salle de bain…».

Cette plaquette d’une cinquantaine de pages, parcourue d’illustrations d’Arezki Larbi, a été publiée par les éditions El Kalima qu’il faut féliciter comme toutes les maisons qui prennent le risque d’inscrire de la poésie dans leur catalogue quand pourtant elle compte tant d’amateurs dans le pays.

(*) Poèmes d’août d’Amin Khan. Ed. El Kalima, Alger, 2017.
Prix public : 500 DA.


 

Ameziane Ferhani
 
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