Edito
 

Vivre avec un baril à 70 dollars

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le 29.05.18 | 12h00 Réagissez


Les remous et le vif mécontentement que suscite le projet du gouvernement de surtaxer la délivrance des documents de voyage et d’identité laissent redouter une exacerbation dangereuse de la défiance populaire à l’égard du pouvoir. Très impopulaires, car considérées clairement comme arbitraires par le commun des Algériens, les quelques taxes ainsi distillées dans la version non encore aboutie du projet de loi de finances complémentaire ne seraient pourtant qu’un petit avant-goût de l’austérité et de la rigueur qui devraient suivre dès l’année prochaine.

Dans ses desseins professés publiquement, le gouvernement compte en effet réamorcer un resserrement budgétaire plus durable à partir de 2019, la détente consentie pour cette année en matière de dépenses n’étant en définitive qu’une simple parenthèse, guidée sans doute par des considérations électoralistes.

Après un budget-surprise de dépenses en hausse pour 2018 – grâce surtout à la «planche à billets» et aux fins d’achever et de «prodiguer» des projets d’habitat et d’infrastructures en souffrance –, la trajectoire budgétaire fixée pour les quelques années à venir devra être ainsi ancrée solidement sur une rationalisation accrue et généralisée des ressources financières publiques.

A la clef, une mise à plat des dispositifs de soutiens et de subventions, un resserrement de l’emploi public et des dépenses de santé, plus de tensions sur les importations, mais aussi, de probables recours, même à doses raisonnables, à de nouveaux impôts et taxes pour pallier la défaillance de la fiscalité pétrolière.

Feuille de route formellement consignée dans le Journal officiel – et non simples spéculations de journaliste –, ce scénario stressant de rigueur et d’austérité à venir paraît d’autant plus inexorable que ni les discours creux de diversification économique  ni les rêveries vagues et confuses d’une forte remontée du pétrole ne pourraient le remettre en doute.

Alors que le schiste américain contrarie toute perspective d’un baril à plus de 80 dollars et que l’Etat algérien ne sait déjà pas équilibrer ses finances avec un pétrole à 120 dollars, la seule issue possible serait donc de bien faire admettre aux populations la fatalité d’assumer à elles seules le fort coût des ajustements économiques à venir.

A coups de coupes budgétaires, de nouvelles taxations et de renoncements à certains acquis, les citoyens sont ainsi comme conviés à apprendre à vivre avec un pétrole à 70 dollars, tandis que le train de vie de l’Etat, la gabegie et la corruption semblent pouvoir survivre aisément à l’abri de la crise. Comment, dès lors, ne pas comprendre les excès de défiance citoyenne à toute démarche du gouvernement, quand bien même celle-ci serait aussi anodine qu’une simple taxe sur la délivrance de passeports ?

 

Akli Rezouali
 
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