Edito
 

Une résolution, des inquiétudes

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le 29.04.18 | 12h00 Réagissez


 Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies – à l’occasion du vote, vendredi dernier, de la résolution sur le Sahara occidental – vient de demander une fois de plus au royaume du Maroc et au Front Polisario de reprendre les négociations directes sur la base du principe d’autodétermination du territoire sahraoui. Contrairement aux résolutions précédentes ayant trait au renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’autodétermination au Sahara occidental (Minurso), celle adoptée vendredi dernier fixe un délai de six mois au lieu d’une année précédemment. Et une reprise des pourparlers «sans préalable et de bonne foi»...

Aujourd’hui, ils sont nombreux à s’interroger sur ce processus qui, depuis 27 ans, n’a pas progressé par la faute et la responsabilité du Maroc soutenu, entre autres, par la France, s'il peut connaître une issue favorable au peuple sahraoui dans des délais aussi courts que six mois ?

Ou tout au moins assisterons-nous à l’apparition à des prémisses qui laisseraient entrevoir que le Maroc et le Front Polisario sont engagés dans un processus irréversible de négociations d’ici le 31 octobre ? C’est d’ailleurs ce souci qu’a exprimé le Front Polisario, juste après l’adoption de cette résolution pour le moins problématique. C’est pour cela qu’il a appelé à une reprise «immédiate», en insistant sur ce terme, tout en réaffirmant avoir pris note de cette évolution dans la courte durée du renouvellement du mandat en espérant que cela serve de levier pour un retour rapide à la table des négociations.

Mais l’on retiendra quand même que la majorité des Etats représentés au Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé «son soutien à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination au peuple du Sahara occidental, dans le cadre des principes de la Charte des Nations unies». Cette solution retenue repose sur la base de négociations directes entre les deux parties, à savoir le Maroc et le Front Polisario, tandis que celle faisant référence à une autonomie, chère au Maroc, n’a trouvé  d'écho qu’auprès des représentants de deux Etats membres du Conseil.

Alors, faut-il s’inquiéter du caractère assez pernicieux dans son ensemble de cette résolution ? Sans doute, si l’on tient compte de l’empressement des Américains et de leur insistance à fixer un délai de six mois au mandat de la Minurso, au prétexte que le statu quo n’a que trop duré depuis 27 ans et qu’il serait temps de voir des progrès vers une solution politique.

Ou encore à la précision que ce renouvellement doit rester une exception (sic) ? Comment, en effet, ne pas l’être, lorsqu’un pays africain comme l’Ethiopie a appelé, à juste raison, lors du vote de ne pas donner l’impression qu’il (le Conseil) prenait parti, entendre par là, bien sûr, au profit du Maroc ? La Russie, elle, a tout simplement mis en garde contre un «règlement qui serait fixé en coulisses». Le Maroc s’est aussitôt attelé à mettre à son profit les ambiguïtés du texte et se féliciter de la résolution, en accusant au passage l’Algérie de tous les maux. Cela augure bien des réelles intentions de la monarchie marocaine, qui n’ont pour l’instant pas changé à l’égard du Sahara occidental.

Reda Bekkat
 
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