Edito
 

Une catharsis

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 02.01.18 | 12h00 Réagissez


Il y a comme un parfum de déjà vu ; en ce début d’année 2018, les Algériens se sont réveillés avec de nouvelles augmentations des prix des carburants. Cela est devenu une habitude depuis 3 ans. Les augmentations sont «minimes», mais en 3 exercices budgétaires, elles ont permis aux prix des carburants de coûter deux fois plus cher qu’il y a trois ans.

Comme beaucoup de citoyens du monde, les Algériens accueillent la nouvelle année avec plein d’espoirs, même si la situation économique et sociale est encore plus dure qu’elle ne l’était il y a quelques mois de cela. Ils savent que peu de choses changeront durant l’année qui arrive. Mais comme beaucoup d’autres humains, les Algériens ont peut-être oublié que, 20 ans plus tôt, des massacres abominables ont été commis dans des villages d’Algérie. A Ramka et El Had Chekala, à une centaine de kilomètres de Relizane, plus d’un millier d’Algériens ont été massacrés par le terrorisme aveugle. Des centaines d’enfants, de femmes et de vieillards ont été assassinés dans l’impunité la plus totale. C’était l’horreur. Les terroristes ont agi de nuit. Ont fait leur «œuvre», sont partis et les responsables politiques ne pouvaient que constater les dégâts. Ils ont caché les vrais chiffres, car «on ne peut pas aller dans une bataille en faisant sonner le clairon de la défaite», avait justifié un jour Ahmed Ouyahia. Un aveu d’impuissance d’un Etat qui faisait face à un terrorisme abject. Une impuissance aggravée par les regards passifs d’un monde qui pensait être à l’abri d’une telle horreur. Rappeler cet épisode douloureux dans l’histoire récente de notre pays devient presque un devoir, une exigence. En ces temps où l’idéologie qui a servi de matrice aux terroristes des GIA — il y avait tellement de sigles qu’il est difficile de distinguer les marques des uns et des autres — a gagné la société ; l’oubli, le reniement, et plus grave encore, le déni ont pris la place du souvenir.

Car ces victimes, comme celles des massacres précédents, sont innocentes. Elles sont victimes de l’intolérance. Exactement comme l’ont été plus tard les victimes en Syrie, en Irak, en France, en Belgique et plus récemment encore en Egypte. Regarder le passé permet de construire l’avenir. C’est pour cela que vingt ans après ces massacres, une piqûre de rappel est devenue comme une catharsis, un mal nécessaire qui nous permet de comprendre le temps présent. Mais se limiter à ces souvenirs sans s’attaquer au mal peut être dangereux. Car, ceux qui ont commis des massacres il y a 20 ans véhiculaient des idées salafistes. Exactement comme le font les idéologues cathodiques de ces années 2000. Entre les deux, il n’y a pas beaucoup de différences. L’un utilisait le glaive, l’autre emploie des mots assassins pour convaincre d’autres d’aller commettre les massacres à leur place.
 

Ali Boukhlef
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie