Edito
 

Sport et politique

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le 02.04.18 | 12h00 Réagissez


Lakhdar Belloumi, une gloire du football algérien qui avait fait les beaux jours de l’équipe nationale en battant avec l’art et la manière la redoutable sélection allemande au Mondial de 1982, a entrepris de mettre à contribution sa notoriété footballistique pour promouvoir la candidature du Maroc au Mondial de 2026. Le fait n’a rien de blâmable ni d’outrageant s’agissant d’une pratique à laquelle recourent toutes les nations qui s’engagent dans la course pour accueillir le Mondial. Mais il se trouve que l’image du pays ou plutôt du régime politique au service duquel l'ancien n°10 de l’équipe nationale s’est mis et dont on connaît les relations pour le moins tendues avec l’Algérie du fait de l’occupation du Sahara occidental est difficile à vendre et à défendre à cause de son expansionnisme et de ses violations des droits de l’homme dans les territoires occupés.

A la limite, que Belloumi s’engage à titre personnel, comme l’ont fait d’autres Algériens avant lui : des artistes, des intellectuels qui se sont fourvoyés de manière consciente et assumée dans des opérations de récupération politique en poussant le zèle et la provocation, pour certains d’entre eux, jusqu’à prendre la nationalité marocaine, c’est son affaire ! Mais lorsque l’initiative déborde de son cadre privé et sportif pour mêler et impliquer l’Etat algérien, il est difficile de ne pas s’interroger sur ce que cache l’activisme de Belloumi. L’ancien attaquant des Verts a reconnu publiquement avoir obtenu l’accord des autorités algériennes pour offrir ses services au Maroc pour cet événement sportif. Dans un pays normalement constitué, on n’exige pas d’un intellectuel une autorisation des autorités compétentes pour donner une conférence à l’étranger, d’un sportif pour prendre part à une compétition sportive, ou pour toute autre activité à l’international. Cela relève de la sphère privée et citoyenne. Chez nous, le sport est placé sous la férule du politique.

On l’a vu avec l’épisode malheureux de la confrontation footballistique entre l’Algérie et l’Egypte pour les éliminatoires du Mondial 2010 comment on avait frôlé une grave crise diplomatique avec ce pays. S’agissant du Maroc dont les attaques contre l’Algérie se sont multipliées ces derniers mois, nourries par les défaites diplomatiques cuisantes enregistrées par le palais royal à Bruxelles et sur d’autres fronts, il est pour le moins étonnant que l’Algérie – de manière officieuse il est vrai – s’empresse et s’agite pour soutenir la candidature du Maroc au Mondial en donnant sa bénédiction à Belloumi pour une mission de lobbying.

Faut-il encore une fois voir à travers cet événement un signe d’une volonté unilatérale ou partagée de dégel des relations entre les deux pays ? Les deux Corées du Nord et du Sud n’ont-elles pas ouvert une page nouvelle dans leurs relations à la faveur des joutes sportives des Jeux olympiques de Séoul ? Que de fois au cours de ces dernières années n’a-t-on pas parié sur des signes de réchauffement des rapports entre Alger et Rabat sur la foi d’une déclaration, d’une visite d’un haut responsable, d’une présence officielle à des rencontres bilatérales ou multilatérales, avant que les supputations des analystes et commentateurs ne soient démenties par la réalité du terrain !

Omar Berbiche
 
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