Edito
 

Spirale de la déraison

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le 05.05.18 | 12h00 Réagissez

Le pays s’apprête à vivre un ultime été de la déraison. Il sombre dans une invraisemblable guerre de religion, à mille lieues des défis qui attendent d’être relevés dans un monde bâti sur la compétitivité économique.

Des colloques sont organisés, sans doute avec un luxe de moyens en cette période d’austérité, pour pervertir un peu plus le débat national. Dernière vraie fausse polémique assénée à une opinion publique pétrifiée par les lendemains de la crise financière, la place de l’enseignement religieux dans les manuels scolaires. La ministre de l’Education, dont le purgatoire ne finit pas, a apporté une réponse étonnante pour faire retomber ce énième psychodrame national : «Nul ne peut, à lui seul, retirer ou ajouter quoi que ce soit à un manuel scolaire.» La réforme du système éducatif, devant l’extraire de l’obscurantisme pour l’inscrire dans la modernité et le savoir, relèvera précisément d’un seul homme, politique et d’Etat.

Le président Boudiaf, qui, en 1992, avait posé le problème fondamental du sinistre de l’école, n’a pas eu le temps de mener cette mission déterminante de sauvetage du système éducatif. Plus d’un quart de siècle plus tard, la descente aux enfers, littéralement transcrite dans les manuels scolaire, n’est pas encore stoppée.

Il en résulte fatalement des conséquences calamiteuses. Les paliers supérieurs tombent, par effet domino, avec un impact retentissant quand cela touche des élites et des catégories censées être à l’avant-garde des luttes pour le progrès et le développement. D’aucuns ont été consternés ces derniers jours par la nouvelle des cinq étudiants de Bouira mis sous mandat de dépôt pour avoir dangereusement pourchassé et séquestré un doyen de faculté. La régression devient vertigineuse quand le climat feutré des universités se transforme en pugilat digne des kasmas à la veille des élections. Sauver l’école pour réhabiliter l’université et rendre possible le sursaut national, telle est l’équation simple que renvoie l’impasse où se débat le pays.

Pour l’heure, le syndrome de schizophrénie continue d’essaimer au sein du système en place. Le dernier message présidentiel, à l’occasion du 3 mai, exhortait les journalistes à accomplir leur «noble mission de critique de l’action publique», reconnaissant que «le poids et la multiplicité des tâches relevant des démembrements de l’Etat peuvent conduire fatalement à quelques erreurs ou insuffisances».

D’autres décideurs ont, par contre, intimé aux représentants de l’Etat de phagocyter la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, quelques mois après avoir eu tout le loisir d’encadrer les festivités de la Journée nationale dédiée à la même cause et célébrée le 22 octobre.

La palme de la déraison revient aux organisations politiques, syndicales et autres satellites en rupture avec l’espace-temps, qui appellent officiellement à un 5e mandat présidentiel tout en essayant de persuader les Algériens qu’il s’agit du 2e.

Djaffar Tamani
 
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