Edito
 

Songes et mensonges d’un narco-Etat

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le 03.05.18 | 12h00 Réagissez


Le Maroc ne recule devant aucun acte ridicule dans ses entreprises aussi hasardeuses qu'absurdes dans l’espoir de discréditer le Front Polisario. Il a cru faire un coup d’éclat en annonçant, mardi, la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Iran. Motif : ce pays aurait livré aux Sahraouis de l’armement par l’intermédiaire du Hezbollah libanais et du premier secrétaire de son ambassade à Alger.

Etrange filière qu’auraient choisie les redoutables services iraniens pour armer le Front Polisario, d’où le peu d’intérêt accordé à une telle opération de propagande, d’autant que Rabat, s’il devait rompre avec les Iraniens, aurait dû le faire lorsque ces derniers avaient reconnu, dans les années 1980, la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Geste qui aurait été compris et était conforme à la logique développée par la diplomatie marocaine.

Les Marocains ont déjà tenté de salir les combattants sahraouis en prétendant que ces derniers étaient soit des soutiens aux groupes terroristes activant dans le Sahel, soit des trafiquants de drogue. Des assertions mensongères qui n’avaient pas été reçues avec le moindre intérêt, provenant surtout d’un narco-Etat connu pour être le premier producteur et le premier exportateur dans le monde.

Pourquoi le palais royal a-t-il choisi ce moment pour répandre ses balivernes ? Cela a incontestablement une relation avec le 12 mai, c’est-à-dire le jour où Donald Trump doit annoncer sa décision à propos de l’accord sur le nucléaire conclu entre l’Iran, d’une part, et les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne, d’autre part, accord qu’il veut dénoncer.

Seuls deux pays ont noué une relation stratégique entre eux, l’Arabie Saoudite et Israël, pour appuyer la position du locataire de la Maison-Blanche. Le premier pour bénéficier du parapluie américano-israélien afin de sauver la famille Al Saoud, et le second pour consolider sa position dominatrice dans le Moyen-Orient. Un tel objectif ne peut être atteint que si l’Iran est affaibli, voire agressé, alors que personne n’a évoqué, même du bout des lèvres, l’arsenal nucléaire israélien.

Dans ce contexte, le Maroc veut s’impliquer lui aussi dans la campagne d’hostilité déclarée contre Téhéran, dans l’espoir de recueillir des dividendes, comme par exemple un supplément d’aide militaire et économique saoudienne et un renforcement de sa relation contre-nature en matière de sécurité avec Tel-Aviv.

Il est remarquable que Riyad s’est empressé d'emboîter le pas à Rabat pour s’élever contre le prétendu appui militaire iranien au soi-disant «Polisario», selon le communiqué du ministre saoudien des Affaires étrangères. Cela se comprend si l’on sait que le Maroc joue déjà au mercenaire en envoyant des troupes auprès de la coalition arabe dirigée par l’Arabie Saoudite pour agresser le malheureux peuple du Yémen.

Voilà maintenant que le Maroc fait indirectement une autre offre de service pour s’attirer les bonnes grâces d’une partie des monarchies du Golfe et d’Israël. On ne sait pas si Trump a accordé un quelconque intérêt à ces accusations ou même s’il en a entendu parler.

Tayeb Belghiche
 
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