Edito
 

Situation complexe

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le 05.01.17 | 10h00 Réagissez


La situation semble se compliquer en Libye. D’aucuns diront que c’est là la persistance du statu quo, avec encore et toujours principalement une autorité qui a du mal à s’imposer malgré le soutien que lui apporte la communauté internationale et des groupes armés qui refusent de céder le pouvoir qu’ils détiennent depuis la chute de l’ancien régime. Autant parler de logique de terrain que seule la force peut conférer. En ce sens, le maréchal libyen Khalifa Haftar, qui affirme contrôler de vastes portions du territoire en question – on parle même de 80% – semble amorcer un sérieux recul après avoir donné son accord pour la tenue de discussions avec le gouvernement dit d’union nationale dirigé par Fayez El Sarraj, susceptibles d’ouvrir la voie à un accord de paix.

A vrai dire, Khalifa Haftar ne se place pas dans une franche opposition, en rappelant sa position en faveur d’un dialogue avec le gouvernement d’union nationale dirigé par Fayez El Sarraj qu’il ne reconnaît toujours pas, mais il en fait juste une perspective qui ne pourrait se concrétiser, a-t-il souligné, qu’après que soient résolues les questions militaires ou sécuritaires.

Et dans ce cas précis de dialogue envisagé dans le cadre d’une prochaine rencontre avec M. El Sarraj, prise pour une information de presse, qu’il a ainsi démentie, Khalifa Haftar vient de fixer un préalable en déclarant également en ce sens qu’il est difficile de parler «politique» dans les circonstances actuelles : «Nous sommes en guerre, les questions de sécurité ont la priorité. Ce n'est pas le moment opportun pour la politique.

Nous devons nous battre pour sauver notre pays des islamistes extrémistes.» Tout est dit sur le dialogue, accepté y compris par Khalifa Haftar, et désormais au moins sérieusement reporté puisque pour mener cette guerre, il faut des armes et pour en avoir, il faut que soit levé l’embargo onusien (sur les armes) à destination de la Libye, comme le souligne le dirigeant libyen. A ce niveau des relations internationales, marquées par des incohérences et d’incroyables contradictions, il est difficile, voire impossible de fixer un délai, cela relève de l’évidence.

Ce qui tend à marginaliser davantage le gouvernement d’union nationale qui devait, rappelle-t-on, remplacer deux gouvernements, rivaux bien entendu, qui se partageaient pouvoir et territoire depuis la chute d’El Gueddafi, restreignant encore plus sa marge de manœuvre et ses attributions, comme la guerre contre les extrémistes.

Khalifa Haftar vient donc de fixer seul la priorité, disant au sujet de Fayez El Sarraj que «s'il veut vraiment se battre pour ramener la paix dans le pays, il devrait prendre les armes et nous rejoindre. Il sera toujours le bienvenu». Ce qui sonne comme un défi lancé à un gouvernement qui n’arrive pas à s’imposer. La Libye en souffre, avec des fractures aussi importantes que persistantes, toutes liées à l’exercice du pouvoir, mais les effets du conflit libyen sont fortement appréhendés bien au-delà des frontières de ce pays.

Mohammed Larbi
 
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