Edito
 

Sermons au Parlement

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le 05.09.17 | 12h00 Réagissez


Le Parlement rassemble les élus qui représentent les citoyens, légifèrent et contrôlent le gouvernement.» Dans le système algérien, cette définition tombe dans le domaine de l’abstrait. Les vicissitudes politiques du pays ont transformé cette institution en une tribune à vocation officielle et le siège d’une majorité immuable ayant pour seule mission d’accompagner le gouvernement. Pour ne pas déroger à nos traditions parlementaires, les présidents des deux Chambres ont tenu, hier, à l’ouverture de la session ordinaire, à réaffirmer la bonne santé de l’Etat et rappeler qu’il n’est pas toléré de critiquer les institutions.

Les élus de la majorité affectés au perchoir entament ainsi cette session en contestant aux citoyens le droit de douter des aptitudes du chef de l’Etat et du gouvernement à mener à bien les affaires du pays. Le président de la Chambre basse s’est même hasardé à sermonner et culpabiliser les voix discordantes, en évoquant des desseins visant à affaiblir les institutions, à engager le pays sur la voie de la régression et de l’aventurisme. Si des représentants du pouvoir sont dans leur rôle de réaffirmer l’autorité de l’Etat, leur démarche peut souffrir d’une totale déconnexion des réalités, lorsqu’ils soulignent que le Président «veille à l’exécution de son ambitieux programme». Il faudrait rappeler que ledit programme a été entamé en 1999 et, à un an et demi de la clôture du cycle des mandats présidentiels, l’heure n’est pas à l’ambition mais au bilan.

Subsidiairement à cette opération de sauvegarde des institutions contre des menaces de déstabilisation réelles ou supposées, un programme de gouvernement sera présenté à l’APN dans les prochains jours. Il s’agira de donner l’illusion d’une gouvernance et d’une prise en charge des défis économiques, alors que la priorité réelle du pouvoir est de maintenir le statu quo pour une succession sans encombre et dans le strict cadre des joutes claniques. La stratégie choisie est de diluer le front social dans la scène politique sous le mot d’ordre du maintien de la stabilité du pays. Le président de l’APN a invité, dès hier, les Algériens à participer massivement aux prochaines élections locales pour renforcer, pas seulement la démocratie, mais aussi les institutions et la stabilité du pays. Le commun des citoyens attend, en vérité, des futurs élus locaux que les rues des villes et villages soient nettoyées et aménagées. Il n’y a que les porte-parole du pouvoir qui assimilent les élections locales à un plébiscite pour l’autorité centrale.

Quelques jours après l’attentat de Tiaret, il était attendu que le dossier sécuritaire soit évoqué dans les discours d’ouverture au Parlement. «Les résidus du terrorisme essuieront un échec cuisant face à la lutte implacable de l’Armée nationale», a déclaré le président de l’APN, mettant étrangement au futur une action du passé. Le terrorisme a essuyé un échec il y a exactement 20 ans, en 1997, trois années après l’apparition de la résistance citoyenne. Le dispositif de lutte a connu beaucoup d’évolutions dans le monde, où le terrorisme consiste, dans la plupart des cas, à quitter la chaussée pour heurter des piétons. Pour les services les plus en pointe dans ce domaine, il ne s’agit plus seulement de se mettre en travers du chemin du djihadiste, mais d’«entrer dans sa tête». Dans notre pays, la phase des colonnes de l’armée dans les maquis est pareillement dépassée. L’urgence est de rendre caducs les enseignements religieux poussant à l’extrémisme, les extraire prioritairement du système éducatif.

Djaffar Tamani
 
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