Edito
 

Retour à la pensée unique

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le 24.09.17 | 12h00 Réagissez


En période de crise grave et de défis majeurs pour la stabilité du pays et la cohésion nationale, l’intérêt supérieur de la nation commande, de la majorité comme de l’opposition, d’appeler à l’unité des rangs, au dialogue politique et social sincère, sans calcul et sans conditions, pour faire face à l’adversité. La séparation binaire de la classe politique entre pouvoir et opposition est en train de voler en éclats partout dans les démocraties, pour donner lieu à une refondation de la vie politique axée moins sur le poids de l’idéologie et des combats, dont la seule finalité est l’accès et le maintien au pouvoir, que sur la mobilisation des compétences et la volonté de servir la collectivité nationale par-delà les sensibilités politiques de chacun. De nouvelles élites vierges politiquement, jeunes, bardées de diplômes, ayant des compétences éprouvées et de riches parcours professionnels émergent sur la scène politique, bousculant les dogmes établis, envoyant à la retraite les barons de la politique qui s’alternent au pouvoir en régnant en maîtres absolus. La reconfiguration de l’édifice politique et institutionnel, la recomposition de la majorité présidentielle et de l’opposition sont un chantier permanent, une dynamique en mouvement où les acteurs politiques ne craignent pas de (re)mettre en jeu leur carrière et leur avenir politique, de se séparer de leurs amis et de leurs familles politiques pour se lancer dans de nouveaux combats quand ils ont l’intime conviction que le devoir les appelle ailleurs.

Chez nous, on est au pouvoir ou dans l’opposition à vie. Quand il arrive que l’on quitte le pouvoir pour rejoindre l’opposition, à de très rares exceptions, ce n’est jamais un choix libre. Entre le pouvoir et l’opposition, les relations n’ont jamais été apaisées. Les partis de l’opposition sont perçus non pas comme des adversaires politiques, mais comme des ennemis que tout sépare et qu’il faut diaboliser en permanence. La violence du discours appelle la violence. Le Parlement a vécu ce jeudi une journée à marquer d’une pierre noire dans la vie politique nationale. L’hémicycle a été transformé en tribunal criminel contre l’opposition accusée de tous les maux de l’Algérie par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Les rôles se sont inversés. C’est paradoxalement le pouvoir qui demande des comptes de gestion à l’opposition, au lieu que ce soit l’inverse. Bien évidemment que l’opposition est également critiquable, mais il est dangereux pour la démocratie et la paix civile de chercher à tout prix à la diaboliser, à la faire taire d’une manière ou d’une autre en usant de la menace et de l’intimidation. Le spectacle affligeant auquel ont été conviés les Algériens qui ont suivi, choqués, les débats au Parlement sur le programme d’action du gouvernement et l’intervention-réquisitoire du Premier ministre Ahmed Ouyahia contre l’opposition a outrepassé toutes les règles du débat politique entre le pouvoir et l’opposition. Celui-ci, tout en étant contradictoire et vif, doit demeurer dans les limites du respect et de la bienséance. Nul n’a le monopole du patriotisme et de la vérité. Le pouvoir doit apprendre à accepter les critiques de l’opposition, sans quoi c’est le retour à la pensée et au parti uniques. La prestation d'Ouyahia au Parlement nous invite solennellement à renouer avec ce système qui a donné la preuve dans les moments de vérité qu’il ne s’est pas amendé ni ne s'est ouvert au pluralisme et à la démocratie, comme il le prétend.
 

Omar Berbiche
 
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