Edito
 

Quel gâchis !

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le 12.09.17 | 12h00 Réagissez


Les Algériens sont pris à la gorge. Nul ne peut le nier. La crise est officiellement reconnue dans le discours et dans les actes. Recourir à la planche à billets est un terrible aveu d’échec. La Banque d’Algérie est appelée à fabriquer de la monnaie pour financer les déficits, garder, un tant soit peu, le pays à flot avant le naufrage. Lorsqu’on regarde un peu en arrière, et l’on voit le temps gâché, et tout le potentiel, humain et matériel, que ceux qui président aux affaires du pays, on ne sait par quelle logique suicidaire, ont vilipendé, on a envie de se cogner la tête contre le mur.

Oui, l’Algérie avait de quoi se libérer de la dépendance des revenus des hydrocarbures, elle avait de quoi construire une économie digne de ce nom, saine et prospère, elle avait de quoi se donner les moyens et les perspectives d’une grande nation. Mais si l’argent a coulé à flots, l’intelligence a fait réellement défaut. Il fallait vraiment en manquer pour produire l’échec et le délabrement dans lesquels se retrouve le pays. Non seulement on s’est trompé de politiques et de choix stratégiques mais on a plongé la collectivité nationale dans une sorte d’anarchie délirante, où la corruption, l’incompétence, l’affairisme, le marché noir, l’économie souterraine, les bandits de l’import- import et les démons de la régression ont prospéré.  C’est un monstre à plusieurs têtes qui tient le destin national entre ses mâchoires. Les problèmes sont autant profonds, multidimensionnels que complexes. Ce n’est certainement pas le recours à la planche à billets, ou ce qu’ils appellent, avec une certaine fausse pudeur, le financement non conventionnel, qui va replacer le pays sur les rails du progrès. L’on peut se demander si on n’est pas définitivement dans le creux de la vague d’où il est impossible de sortir.

Pourquoi le gouvernement ne va-t-il pas chercher l’argent de l’évasion fiscale, de la fraude, de l’économie informelle qui se chiffre à des dizaines de milliards de dollars ? De quoi a-t-il peur ? De mettre dans l’embarras les clientèles du pouvoir ? On a essayé l’emprunt obligataire, cela n’a pas marché. On a essayé de faire entrer dans le circuit officiel l’argent du marché noir, cela n’a pas marché. On a tenté de lutter contre l’informel, aucun résultat n’a été obtenu. Que reste-t-il de puissance à l’Etat pour faire régner la loi et le droit ? Visiblement pas grand-chose. Peut-être le choix facile de la «planche», avec tous les risques inflationnistes qu’elle génère, et la poche des salariés qu’il peut imposer à souhait à la source. Peu de chance pour sortir d’une crise structurelle que les errements dangereux de ces dernières années ont produite. Très forte probabilité que dans peu de temps nous vivions les mêmes difficultés qu’a connues la Grèce ces dernières années. Le pire peut-être serait le sort que connaît le Venezuela. Où est donc la solution ? Peut-elle venir de ceux qui ont la responsabilité du délabrement national et qui viennent nous expliquer aujourd’hui la meilleure méthode de nous tirer d’affaire ? S’ils avaient cette intelligence, n’auraient-ils pas dû en faire bénéficier leur pays avant le chaos ? Avant que cela ne soit trop tard. Ils n’ont pas eu cette capacité de se transmettre. «Demain, c’est déjà la veille», comme dirait l’autre.

Said Rabia
 
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