Edito
 

Que reste-t-il du serment du 24 février ?

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le 25.02.18 | 12h00 Réagissez


Au-delà de la symbolique historique de la commémoration du double anniversaire du  24 février marquant la création de l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens) et la nationalisation des hydrocarbures  qui a consacré le parachèvement de la souveraineté de l’Algérie sur ses richesses nationales, l’événement interpelle aussi les consciences.

Particulièrement, la responsabilité de nos gouvernants dans les contreperformances de notre économie et l’appauvrissement de la population que la déprime du marché pétrolier est venue accentuer dramatiquement. Que reste-il aujourd’hui de la ferveur révolutionnaire et du serment qui avait accompagné l’historique décision de la nationalisation des hydrocarbures dont le discours mémorable de feu le président Houari Boumediene résonne encore aujourd’hui dans les oreilles de la génération des Algériens et Algériennes des années 70 ? Le défi était à la mesure de l’engagement patriotique dans lequel baignait le pays alors.

Fort de ce solide front intérieur, l’Algérie a pu, quelques années seulement après le recouvrement de son indépendance, imposer aux puissantes sociétés pétrolières étrangères qui avaient la haute main sur l’exploitation de ses ressources énergétiques, le respect de sa souveraineté totale sur ce secteur stratégique. Notre pays a pu faire face aux pressions extérieures non pas en déployant ses chars mais grâce au rempart de son peuple construit à l’ombre de la politique sociale de l’Etat qui avait généré le plein emploi, la médecine gratuite et d’autres acquis sociaux qui sont aujourd’hui en passe d’être remis en cause.

Qualifier de malédiction un don du ciel que nous envient bien des nations qui n’ont ni pétrole ni gaz et qui doivent compter sur leur génie propre pour se frayer une place dans ce monde impitoyable, résume l’étendue de l’échec des politiques de développement et de la gouvernance politique et économique du pays ! L’incapacité à aller vers un nouveau modèle économique qui affranchirait le pays de sa dépendance quasi totale des hydrocarbures est-elle donc une fatalité pour notre pays ? Quand on voit toutes ces richesses du pays parties en fumée ou dans les comptes bancaires à l’étranger bien garnis de privilégiés du système qui ont aspiré la rente pétrolière ternissant à l’intérieur et à l’extérieur l’image de Sonatrach avec les scandales de corruption qui ont secoué l’entreprise, l’échec ne pouvait être que programmé. Plus on parle de la nécessité de préparer l’après-pétrole, plus la dépendance de la rente pétrolière continue encore et toujours de façonner désespérément le destin de l’Algérie.

Le long message du président Bouteflika lu hier à Oran par le ministre de la Justice et garde des Sceaux M. Tayeb Louh à l’occasion de la célébration du 24 février et où le chef de l’Etat tente de puiser dans la réthorique du 24 février les ressorts patriotiques et mobilisateurs d’un renouveau économique est-il audible ? Peu sûr. Il en faut certainement plus pour les travailleurs en ces temps de doute, de grogne sociale, de désespérance, de quotidien de plus en plus difficile, pour que cet appel solennel de Bouteflika à la mobilisation des travailleurs rencontre un large écho.   
 

Omar Berbiche
 
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