Edito
 

Que faire ?

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le 08.05.18 | 12h00 Réagissez


Il n’y a plus rien à faire aujourd’hui , c’est trop tard» cette sentence qui en dit long sur l’impasse dans laquelle se trouve le pays est de l’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali qui s’exprimait hier dans les colonnes de notre journal. Ce constat qui est partagé, à des nuances près, par quasiment l’ensemble de l’opposition, est justifié par le refus du système de toute alternance démocratique devant permettre de transcender la crise politique et institutionnelle que vit le pays. L’option du 5e mandat qui apparaît pour nombre d’observateurs de plus en plus vraisemblable au regard du décorum politique qui se met en place, a désarçonné autant l’opposition que les partis de la majorité présidentielle. Particulièrement les deux formations du pouvoir : le RND et le FLN, contraintes de faire contre mauvaise fortune bon cœur en se pliant à un choix imposé d’en haut contre lequel elles ne peuvent rien au demeurant, sinon réfrener les ardeurs présidentielles qui s’expriment en sourdine dans leurs rangs en attendant des jours meilleurs. Au refus du pouvoir d’ouvrir le jeu politique, l’opposition réagit qui par la résignation, qui par les incantations divines pour que les pressions externes sur le pouvoir se fassent plus pesantes pour le contraindre à s’amender, voire, pour les plus fatalistes, en misant sur la solution biologique qui finira bien un jour, se console-t-on, par faire son œuvre quelle que soit la longévité du pouvoir en place. Les difficultés de la classe politique à trouver un consensus pour dépasser la crise renseignent sur le déficit de confiance et la défiance qui existent entre l’opposition et le pouvoir.

L’anathème, le discours incendiaire et inquisiteur, l’excommunication, les accusations réciproques d’anti-nationalisme, de liens avec l’étranger imprègnent le débat politique national. Le résultat est aujourd’hui là : le pouvoir ne fait pas confiance à l’opposition et s’interdit d’entretenir des rapports apaisés avec elle, les formations de la majorité présidentielle ou qui s’en réclament n’ont pour dénominateur commun que le soutien au programme présidentiel et aux prébendes qu’ils en tirent, et l’opposition peine à s’unir autour d’une démarche commune, d’une feuille de route pour imposer le changement. Les initiatives politiques lancées aussi bien par le pouvoir que par l’opposition ont toutes tourné court. Ce fut le cas des consultations ouvertes par le pouvoir avec la classe politique sur le projet de révision constitutionnelle, de l’appel au dialogue du FLN du temps de Amar Saïdani, de la démarche du FFS, de la tentative de rassemblement d’une partie de l’opposition autour de la plateforme de Zéralda, de l’idée d’une candidature commune à la prochaine élection présidentielle évoquée dans les rangs de l’opposition, de l’organisation d’élections présidentielles anticipées qui avaient fait un temps les choux gras de l’opposition, et, tout récemment, le nouveau cru de Louiza Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs : le lancement d’une pétition nationale pour la mise en place d’une Assemblée constituante. Cette profusion d’initiatives qui entretient l’illusion d’une vitalité du débat politique dans le pays n’a pas fait avancer d’un iota l’Algérie dans sa quête démocratique et d’un avenir meilleur. Que faire alors pour briser la quadrature du cercle ? En mettant le doigt sur la plaie : le départ du système - un diagnostic partagé au demeurant par d’autres figures de l’opposition. Sid Ahmed Ghozali ne dit rien sur la thérapie à administrer pour guérir le mal qui ronge l’Algérie.
 

Omar Berbiche
 
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