Edito
 

Pouvoir à responsabilité limitée

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le 19.09.17 | 12h00 Réagissez


Les régimes non démocratiques ou qui n’ont de démocratique que la façade ont une définition bien particulière de l’exercice parlementaire. Ils ont toujours recouru au Parlement ou ce qui en tient lieu, pour faire adopter les décisions, les lois impopulaires et scélérates, sans en assumer les conséquences ni devant les hommes ni devant l’histoire. A-t-on un jour ouvert chez nous un dossier lié à des scandales qui ont émaillé la gestion des affaires de l’Etat sous les différents gouvernements qui se sont succédé ? L’histoire des institutions politiques et de la gouvernance du pays depuis l’indépendance à nos jours qui donne l’apparence trompeuse d’un fleuve tranquille, bien maîtrisé, renseigne en vérité sur la biologie du système politique en place. Un système qui tire sa force et sa longévité du fait que nos dirigeants ne sont pas astreints à des bilans d’étape ou de gestion pendant et après leur mandat, encore moins à l’obligation de résultat. Le pouvoir fonctionne comme une société à responsabilité limitée. Bons ou mauvais, les plans d’action du gouvernement, les orientations et les décisions de l’Etat, à travers tous ses démembrements, la vie des institutions élues à travers l’arsenal des lois votées tombent ainsi dans le registre poussiéreux de l’absolution et d’une espèce de prescription aveugle qui meuble les archives bien gardées de la République.


C’est cette prime à l’impunité qui a fait que des responsables ayant lamentablement échoué dans leurs missions officielles passées, sans avoir présenté ni assumé leurs bilans accablants devant les instances compétentes, reviennent aux affaires sans sourciller, avec le sentiment d’une virginité politique retrouvée. Ils le font, de surcroît, avec des accents où se mêlent paternalisme, arrogance et provocation, là où la retenue et l’effacement de soi auraient dû être de mise et la posture la plus convenable. Nantis de ce pouvoir régalien de s’auto-juger  en s’attribuant des satisfecit immérités, transformant les échecs en exploits et conquêtes historiques qui feraient, paraît-il, pâlir de jalousie de grandes nations, les gens qui nous gouvernent se sont transformés en marchands de tapis et de rêves. Des rêves qui se brisent avec fracas au premier cauchemar qui viendrait arracher le pays de sa longue et interminable hibernation. Lorsque l’avenir du pays et celui de nos enfants sont incertains, et que les fondements de l’Etat sont menacés par un tsunami qui frappe avec gravité à nos portes, peut-il y avoir encore de la place à l’improvisationet aux recettes non conventionnelles concoctées dans les laboratoires du pouvoir, dans lesquelles ni les partenaires politiques et sociaux, ni l’opinion n’ont eu à dire leur mot ? Le passage en force au Parlement, dont la représentativité et la légitimité sont contestées, n’est pas une preuve de la vitalité démocratique du pays. Ce n’est pas non plus un gage d’adhésion populaire aux mesures impopulaires qui empruntent le chemin du Parlement maison, dont la mission est de faire passer les pilules amères. Des gestionnaires ont payé de leur carrière et de privation de leur liberté pour des erreurs de gestion mineures jugées comme des délits graves, alors qu’à des stades plus élevés de la responsabilité, on joue le sort du pays à la roulette russe. Que vaut l’offre de dialogue d'Ouyahia si la messe est déjà dite ?

Omar Berbiche
 
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