Edito
 

Péril intégriste

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le 25.12.17 | 12h00 Réagissez


Plus de trente ans après l’apparition «officielle» de l’islamisme politique, accepté comme courant dans le paysage politique, une chape de plomb s’est abattue sur la société. Militairement, ce courant obscurantiste, qui, par certaines de ses facettes, tente de se montrer dans une posture modérée, a été vaincu au prix de dizaines de milliers de morts, de milliards de dollars de pertes économiques et des séquelles qui marqueront à jamais la société algérienne.

Mais cette défaite militaire a été transformée en victoire politique. Aujourd’hui, les fous de Dieu sont partout : dans les moquées de la République, les salles de prière clandestines, dans les marchés, les écoles, les maisons de jeunes, les hammams et, plus grave encore, dans les chaînes de télévision offshore. Ce courant salafiste, venu d’Arabie Saoudite qui le sponsorise à coups de millions de dollars, ronge tout le corps social. Il se mêle de tout. De la vie sociale des Algériens jusqu’au comportement à adopter dans la vie intime des citoyens. Il vous montre comment il faut manger, s’habiller, se raser, se doucher ou tout simplement parler. Il distribue les certificats de bon et de mauvais musulman et établit les catalogues de ce qui est permis ou de ce qui ne l’est pas. C’est cela l’intégrisme.

Les mœurs sociales ont même changé. Certains espaces de loisirs pouvaient exister au temps du terrorisme. Mais plus maintenant. Certains discours étaient plus ou moins possibles sous la menace de la kalachnikov des terroristes et la répression du pouvoir, pas en ces temps où l’esprit de Daech a conquis des pans entiers de la société. Dans les années 1990, les plus irréductibles des islamistes n’avaient pas réussi à fermer autant de bars ou imposer le voile aux femmes que depuis la décennie 2010. Au temps (quand)où des Algériens tombaient sous les balles des GIA et AIS, des intellectuels pouvaient exprimer, plus ou moins librement, leurs convictions religieuses. Cela n’est plus possible et les objecteurs de conscience sont devenus tellement puissants, tellement dangereux que les plus téméraires des intellectuels préfèrent cacher leurs idées sous peine d’être désignés à la vindicte populaire.

Il y a péril en la demeure. Ces idées rétrogrades, qui sont combattues ailleurs, y compris dans le pays des Al Saoud, ne reculent devant rien. Si beaucoup des nouveaux adeptes de Mohamed Abdelwahab et d’El-Albani se limitent à donner des «conseils», beaucoup(nombreux sont ceux qui) passent à l’acte violent. Par le verbe ou par «le glaive», la méthode de ces nouveaux policiers des mœurs est d’intimider un maximum de citoyens pour les faire «rentrer dans le rang». Quitte à s’accommoder des apparences qui ne servent en réalité qu’à nourrir des faire-valoir.
Les autorités politiques ont une grande responsabilité dans cette situation. Lorsqu’un policier répond à une femme qui vient se plaindre d’un harcèlement de rue que c’est à elle de se «couvrir» ou de «bien s’habiller», ou lorsqu’un imam, payé par le contribuable, prêche un discours haineux ou rétrograde, ils s’expriment au nom de l’Etat. Rien qu’à ce niveau, l’Etat peut limiter les dégâts. Avant que cela(qu'il) ne soit trop tard.

Ali Boukhlef
 
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