Edito
 

Pari risqué

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le 28.09.17 | 12h00 Réagissez


La nouvelle est tombée tel un couperet, annoncée par le ministre des Finances devant les députés. Les réserves de change vont tomber à moins de 97 milliards de dollars à la fin de l’année, alors qu’elles avaient frôlé les 200 milliards, 194 plus exactement, à la fin mai 2014 ! Cela illustre on ne peut mieux le degré d’imprévoyance dans la manière avec laquelle l’Algérie a été gouvernée ces dernières années.

En moins de deux décennies, le gâchis est tel que sur les 1000 milliards de dollars de revenus, on en vienne aujourd’hui à recourir à la planche à billets. Comme le reconnaîtra le ministre des Finances devant les députés de la commission des finances, ce moyen non conventionnel, comme on préfère l’appeler dans les milieux officiels de manière pudique et moins triviale, servira à financer en partie la dette interne, dont celle de Sonelgaz, et à compenser le différentiel sur les prix des carburants importés par Sonatrach, le reste sera destiné à financer les investissements internes.

En résumé, on va mettre encore plus de dinars sur le marché pour combler essentiellement le «trou» causé par le subventionnement de la consommation énergétique des Algériens et celle de l’eau potable obtenue à partir des unités de dessalement. Donc, en partie, l’énergie et l’eau consommées par les citoyens jusqu’à présent. On serait en droit de poser la question : qu'en sera-t-il pour l’avenir ?

Cette question pose en toute légitimité celle de savoir s’il ne faudrait pas, tôt ou tard, revoir le système de subventionnement des produits de large consommation. Le plus tôt serait le mieux, comme le soutiennent nombre d’experts. D’autant que le schéma actuel, outre le fait qu’il obère profondément le budget de l’Etat qui lui consacre plus de 23%, ne profite aux citoyens que de façon injuste, aux riches comme aux pauvres. Beaucoup appellent à un ciblage pour mettre fin à un détournement de la rente.

Cela sans compter que dans son application actuelle, il est à l’origine d’un gaspillage énorme et qu’il permet une évasion considérable, au-delà des frontières, de produits subventionnés pour des centaines de millions de dollars au profit de la contrebande. Mais pour l’heure, l’utilisation, même limitée dans le temps, à savoir 5 ans comme, le préconise le gouvernement, de ce moyen non conventionnel de financement et son contrôle se posent avec acuité.

En effet, sa dépendance vis-à-vis de l’Exécutif ne laissera pas indifférents, on s’en doute, aussi bien les spécialistes que les citoyens d’une manière générale. Tout comme se posera immanquablement la question de l’efficacité de l’action gouvernementale pour les cinq prochaines années à venir. A savoir un pari risqué qui consistera à opérer au cours de cette période les transformations qui n’ont pu être accomplies en presque deux décennies.
 

Reda Bekkat
 
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