Edito
 

Novembre trahi

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le 13.05.18 | 12h00 Réagissez


Caligula, empereur romain du début de l’ère chrétienne, grisé par le pouvoir sans partage et par le mépris qu’il avait pour ses citoyens, avait nommé son cheval sénateur au Sénat de Rome.

Inspirés peut-être par cette histoire, des Algériens ont décidé de faire à peu près la même chose, mais en apportant des innovations. Récemment, une ville du Sud a offert un cheval à un poster de Abdelaziz
Bouteflika.

Quelque temps plus tard, une autre cité du Sud a repris l’idée, mais en offrant, cette fois-ci, au poster un chameau. C’était la course à celui qui donnera la meilleure preuve de larbinisme.

A une réunion des maires organisée par le ministère de l’Intérieur, on a vu des édiles faire la chaîne pour aller embrasser la photo du locataire d’El Mouradia. Même les avocats, dont on dit pourtant qu’ils ont l’esprit libre et qu’ils sont indépendants, ont offert une toile représentant le chef de l’Etat habillé d’une robe d’avocat. Toujours dans le même registre, la faculté de droit de Constantine vient de faire cadeau au Président d’une robe de magistrat. Qui dit mieux ?

Le FLN, lui, annonce la création de «Jil Bouteflika» formé de six fantomatiques associations estudiantines.
Mais qu’arrive-t-il à l’Algérie ? A l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2019, le pays évolue dans un monde irréel, kafkaïen. Avec un Président totalement absent et rongé par la maladie, l’Algérie est paralysée. Son absence sur la scène internationale est visible au point que sa voix ne porte plus, si bien qu’un pays comme l’Arabie Saoudite, devenu un auxiliaire affiché d’Israël, se permet de comploter contre notre sécurité nationale et notre stabilité. L’économie est à l’arrêt à cause d’une dépendance totale au pétrole, alors qu’on avait les moyens de la diversifier et d’entraîner l’Algérie parmi les pays émergents. Malheureusement, cela n’a pas été le cas.

Des milliards de dollars ont été engrangés à partir de l’an 2000, suite à une flambée du prix du baril qui avait alors atteint les 145 dollars. Pour avoir la paix sociale, le pouvoir s’est mis à distribuer l’argent à tort et à travers, ne voyant pas plus loin que le bout de son nez et croyant que l’embellie serait éternelle. Malgré les mises en garde des économistes sérieux et avisés, il s’est fourvoyé dans une politique de clientélisme à la makhzénéenne. Conséquence : la corruption s’est développée à une vitesse vertigineuse. Des individus partis de rien et sortis d’on ne sait où se sont retrouvés, du jour au lendemain, à la tête de grosses fortunes alors qu’ils n’ont ni connaissances managériales ni intelligence. Ils ont même acquis un grand poids politique qui leur permet de faire et défaire les hauts responsables de ce pays.

En clair, tous les clignotants sont passés au rouge, au point qu’on crie de joie lorsque Dame Nature nous arrose avec ses pluies.
Malgré un échec patent, les laudateurs du système osent encore nous parler des «20 ans de réalisations de Bouteflika» et l’appellent de ce fait à poursuivre sa mission, même s’il n’a plus les capacités nécessaires. Dans aucun pays au monde la flagornerie n’a atteint un tel degré ! Et rares sont les hommes qui s’opposent, du moins publiquement, à une telle dérive. Les hommes qui, un certain 1er Novembre 54, ont pris les armes pour faire de nous des hommes dignes et libres, ne doivent plus reposer en paix.

Tayeb Belghiche
 
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