Edito
 

Logique de paix

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le 03.01.17 | 10h00 Réagissez


Le nouveau secrétaire général de l'ONU persiste et signe en renouvelant son message en faveur de la paix. Quoi qu’il en soit, il ne pouvait tenir un autre discours, l’institution qu’il dirige depuis le début de cette année a été créée pour promouvoir la paix et la préserver. C’est en tout cas ce que stipule très clairement sa Charte. Mais entre ce texte et la réalité, le vide est parfois énorme ; il est même arrivé que des guerres soient menées au nom de l’ONU et que de nombreux plans de paix, souvent adoptés à l’unanimité par les membres du Conseil de sécurité, soient bloqués. Un bien cruel paradoxe menaçant avec cette fois des guerres qui ne sont plus celles que le monde a connues, débordant rapidement de leur cadre géographique et atteignant des contrées éloignées.

Du moins le croyait-on. C’est cette menace que de plus en plus de dirigeants mettent en évidence, comme en témoigne la guerre en Syrie à travers au moins le flux migratoire. Cela signifie-t-il une tout autre approche des conflits et pourquoi pas un retour aux «valeurs consacrées dans la Charte des Nations unies : la paix, la justice, le respect des droits de l’homme, la tolérance et la solidarité», comme l’a rappelé son nouveau secrétaire général ? C’était le 12 décembre dernier, lors de sa prestation de serment devant l’Assemblée générale de l’ONU.

Il soulignait dans le même temps que «de nouvelles guerres ont éclaté et d’anciens conflits se sont rallumés» et que «les conflits sont plus complexes et interdépendants que jamais». Son bilan est tout simplement accablant et sans la moindre complaisance. Son prédécesseur n’en pense pas moins en soulignant, le 16 décembre dernier, que «le carnage en Syrie laisse un trou béant dans la conscience mondiale», parlant à ce sujet de «faillite collective». Est-il juste de mettre en cause l’institution internationale qui n’a fait que ce que ses membres l’autorisaient à faire ? Il donnait ainsi l’impression d’aller vers tous les spécialistes des conflits qui constataient à quel point l’ONU était non seulement marginalisée, mais plus simplement empêchée d’agir.

«On ne peut parler d’échec de la diplomatie internationale», faisait valoir un spécialiste, car l’ONU n’a véritablement rien entrepris. Un jugement sans appel, mais néanmoins fondé. Et il est inutile de se demander pourquoi y a-t-il autant de blocages, car cela renverrait à des considérations qui ne figurent dans aucun discours. En homme de terrain, Antonio Guterres s’est montré d’une extrême prudence dans un autre message disant vouloir faire de 2017 «une année pour la paix» et pas celle de la paix. Il n’a donc pas décrété la paix, mais il a développé, sinon rappelé le lien entre «la dignité et l'espoir, le progrès et la prospérité» qui dépendent de la paix et que celle-ci elle-même «dépend de nous». Une logique et même une évidence, les Etats demeurant les véritables acteurs des relations internationales. Le message est clair, le monde est encore menacé par les guerres.
 

Mohammed Larbi
 
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