Edito
 

Les vacances, un luxe

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le 13.07.17 | 12h00 Réagissez


On entend souvent dire qu’on est en vacances alors qu’on s’est mis en congé de travail périodique : voilà résumée toute la philosophie que se font les Algériens du concept des vacances et du tourisme. Le congé pour un salarié ou la fin de l’année scolaire et universitaire pour les élèves et les étudiants ne sont pas forcément synonymes de départ en vacances.

Ce genre d’amalgame, ce glissement sémantique renvoient en fait à une réalité économique, sociale et sociologique et d’une manière générale à une politique touristique et des loisirs où l’écotourisme n’est pas mis au service du citoyen, mais d'intérêts mercantiles. Le droit aux vacances devrait être un droit fondamental au même titre que l’accès à l’enseignement, aux soins, au logement, à l’emploi, car c’est un élément vital et indispensable à l’équilibre social et à la régénération de la force de travail après une année de dur labeur passée sur le lieu de travail ou sur les bancs des établissements scolaires et universitaires.

Les chômeurs et les sans-emploi sont-ils naturellement exclus du privilège de partir en vacances ? C’est une injustice sociale qui touche de larges couches de la société et dont on ne parle jamais, car on considère que les vacances sont un luxe pour les gens nantis. Où est l’Etat social dont on parle dans le discours officiel, même si l’on convient que fondamentalement la responsabilité de l’Etat est d’abord d’offrir prioritairement du travail aux Algériens qui est source d’épanouissement social et économique.

Mais cela n’occulte pas le devoir des pouvoirs publics de mettre en œuvre des politiques d’aides sociales et de développement touristique pour établir une certaine justice dans la jouissance des vacances. L’absence de politique touristique et la précarité sociale qui a gagné les classes moyennes sous l’effet de la crise ont poussé les Algériens, dans leur majorité, à la résignation, à ne pas faire de projets de vacances au sens où on l’entend ailleurs.

Ni en Algérie où le rapport qualité-prix des offres touristiques fait que l’on n’y recourt désormais plus que comme un pis-aller, un choix par défaut, ni à l’étranger avec la flambée de l’euro qui a fini par avoir raison des plus téméraires candidats qui ont l’habitude de passer leurs vacances dans les stations balnéaires du bassin méditerranéen ou chez nos voisins tunisiens. L’arrivée des vacances, qui est accueillie sous d’autres cieux avec bonheur et ravissement, que l’on prépare de longs mois à l’avance, est toujours vécue chez nous avec une infinie angoisse de ne pas pouvoir répondre aux attentes légitimes de sa famille en lui offrant quelques jours d’évasion et de repos mérité hors de la maison et la routine d’un quotidien pesant.

Les chiffres hallucinants sortant de nulle part que l’on balance sur la fréquentation des plages et des sites touristiques balnéaires, sur les départs en vacances à l’étranger donnent l’illusion d’un pays qui bouge, qui baigne dans une certaine aisance en dépit de la crise. La réalité est beaucoup plus amère pour la majorité des Algériens.

Ceux-là partagent leurs vacances entre une journée volée dans une plage polluée et une «sortie champêtre»… au bord de l’autoroute, affrontant les embouteillages inextricables de nos routes. Il y a aussi ce «tourisme culturel», à moindre coût, érigé au rang de pèlerinage que l’on observe sur nos routes avec toutes ces familles qui rejoignent leurs villages pour passer leurs vacances.
 

Omar Berbiche
 
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