Edito
 

Leçon à méditer

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le 04.09.17 | 12h00 Réagissez


Quelle belle leçon de démocratie que celle que vient d’administrer le Kenya, en annulant l’élection présidentielle du 8 août dernier pour irrégularités constatées lors du scrutin. Une décision historique et courageuse prise par la Cour suprême kenyane, saluée par beaucoup à travers le continent africain et qualifiée de preuve de maturation de la démocratie. Le président sortant Uhuru Kenyatta, fils du père fondateur du Kenya moderne, Jomo Kenyatta, même s’il a tenu à marquer son désaccord avec la décision de la Cour suprême, n’a pas moins affirmé qu’il la respectait, alors que l’annonce de sa victoire, aujourd’hui invalidée, avait déclenché deux jours de manifestations et d’émeutes implacablement réprimées par la police à Nairobi et dans d’autres villes du pays. Une nouvelle élection présidentielle devra donc se tenir dans les 60 jours qui viennent.

Les juges kenyans ont fait preuve d’un courage exceptionnel, prouvant ainsi leur totale indépendance et celle de la Cour suprême en l’érigeant en modèle à suivre, une preuve de maturité du système démocratique kenyan que beaucoup pays envieraient.
Le pays de Jomo Kenyatta par cette mesure historique rejoint les nations avancées, comme l’Autriche par exemple qui a pris une décision similaire suite à des négligences constatées dans le déroulement du scrutin présidentiel. Tant et si bien que la plupart des opposants et oppositions aux régimes autoritaires de la région et du continent dans son ensemble ont réagi et émis le vœu que cela serve d’exemple dans leurs pays respectifs.

Tandis que chez nous, c’est le mutisme absolu, personne ou presque n’a réagi, comme si les Algériens accablés par la chaleur de l’été finissant et les régurgitations d’après les fêtes de l’Aïd seraient devenus amorphes. Et pourtant, combien de scrutins entachés d’irrégularités, de cas de fraudes ont été dénoncés par des personnalités ou des partis de l’opposition, tout au long de ces deux dernières décennies, aussi bien lors d’élections locales que présidentielles. Autant d’appels restés sans écho et les résultats des scrutins validés par la justice sans la moindre hésitation, confortant ainsi les doutes sur l'indépendance de la Cour suprême à l’égard du pouvoir, et ce, jusqu’à la maladie du président Abdelaziz Bouteflika et son absence prolongée de la scène politique nationale ont amené certaines personnalités de l’opposition et des partis à invoquer la procédure d’empêchement en vertu de l’article 102 de la Constitution qui devrait s’accompagner de la tenue d’une élection présidentielle anticipée. Une procédure relevant du Conseil constitutionnel, lequel, par son manque d’indépendance, n’a jamais envisagé de l’initier. Voilà pourquoi l’exemple kenyan est en soi une leçon à méditer.

Reda Bekkat
 
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