Edito
 

Le ruissellement, selon Ouyahia

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le 28.12.17 | 12h00 Réagissez


Le «modèle» socioéconomique algérien, basé sur une gestion politique étroite de la rente, est désormais à bout de souffle. Installé graduellement sous le régime du président Bouteflika, déjà vieux de quatre mandats, ce système irrationnel d’allocation de la ressource publique a ainsi logiquement fini par être miné par la versatilité même de la rente dont il a trop longtemps fait la substance.

Pourtant, plus de trois ans durant, soit depuis le début du revirement de la conjoncture pétrolière en 2014, le pouvoir en place n’a eu de cesse de chercher, vaille que vaille, à surseoir au destin tout écrit de l’échec naturel de son inconsciente logique de gouvernance.

Escamotant tantôt l’existence même d’une quelconque crise et arborant tantôt tant de fausses bonnes idées pour en sortir, le gouvernement paraît aujourd’hui comme aux abois, se voyant presque forcé de devoir reconnaître son incapacité à entretenir plus longtemps sa souveraineté pleine et entière sur sa propre chose économique.

Et voici venu donc le temps de tendre l’oreille aux préceptes tranchés du FMI, qui, au départ même de la crise, n’a cessé d’appeler l’Algérie à se hâter de rationaliser ses dépenses, de privatiser ses actifs et même de s’endetter à l’étranger, tant qu’elle peut encore le faire à des coûts moins douloureux.

Le recours à ce dernier remède viendra sans doute bien plus tôt qu’on s’y attend. Si avisées et pragmatiques puissent-elles être, les prescriptions libérales de l’institution de Bretton Woods ne sont pourtant pas moins que de simples programmes d’ajustement drastique et brutal, applicables sans distinction à tout pays dont l’économie et les finances commencent à virer vers la faillite et l’insolvabilité.

Dans le cas de l’Algérie, on ne peut ainsi que s’inquiéter de l’intention affirmée du gouvernement Ouyahia d’entreprendre, non pas de possibles privatisations transparentes et judicieuses d’entreprises publiques vivotant sur le dos du Trésor, mais de voir le système politique en place et ses nombreux satellites accéder par ce biais à l’appropriation d’actifs et d’éléments du patrimoine appartenant à la collectivité nationale.

C’est que pour nombre d’entre elles, les entités économiques publiques ne semblent vendables que par les actifs fonciers qu’elles peuvent encore offrir. Et à défaut de commandes publiques ou de possibles cadeaux fiscaux, certains capitaux privés pourraient ainsi continuer à se faire entretenir par un régime politique plus que jamais en quête de soutien et d’allégeance, à l’approche surtout d’échéances électorales fatidiques.

Ce n’est en définitive pas la mise en œuvre d’une politique de redressement de gestion par la privatisation qui est crainte et rejetée, mais bien de possibles velléités du gouvernement Ouyahia de recourir subrepticement à une très mauvaise version de la théorie du ruissellement. Une théorie déjà décriée comme étant perverse, y compris dans ses formes d’application les plus adroites.

 

Akli Rezouali
 
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