Edito
 

Le poison et l’antidote

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le 05.04.18 | 12h00 Réagissez


L’histoire semble se répéter avec l’affaire de l’implication de la Russie dans l’empoisonnement de l’ancien espion russe Sergueï Skipral et de sa fille par certaines capitales occidentales et les Etats-Unis d’Amérique. Londres vient de reconnaître officiellement ne pas détenir de preuves formelles que le gaz innervant utilisé dans l’agression du ressortissant russe provient de Moscou, comme le soutenait mordicus le gouvernement britannique depuis le début de cette crise qui a empoisonné les relations entre ces pays.

L’aveu britannique intervient après les mesures de représailles décidées contre Moscou, qui se sont traduites par l’expulsion de diplomates russes de certaines capitales occidentales, amenant Moscou à son tour à appliquer la règle de la réciprocité à des diplomates de ces pays en poste en Russie. Le gouvernement russe, qui a toujours nié avoir une quelconque responsabilité dans ce forfait, s’est empressé de réagir suite aux révélations du laboratoire de toxicologie britannique, qui dédouane implicitement la Russie de ce dont elle est accusée, exigeant de ses accusateurs des excuses officielles. En attendant de voir comment l'affaire va évoluer dans les prochains jours, ce nouvel élément versé au dossier mettant en doute la responsabilité du Kremlin dans cet événement tragique place Londres et ses alliés par rapport à ce dossier dans la mauvaise posture de l’arroseur arrosé.

La tournure que prend cette affaire rappelle étrangement un autre scénario macabre de la guerre du Golfe exécuté selon le même modus operandi. L’alibi de la détention par l’Irak de Saddam Hussein d'armes de destruction massive, confortée de montages de photos satellitaires préfabriquées de prétendus sites d’armements non conventionnels, présentées par les coalisés au Conseil de sécurité de l’Onu comme autant de preuves accablantes contre Baghdad pour justifier l’agression contre l’Irak, n’a pas tardé à livrer les véritables desseins de la cabale montée contre ce pays. Aucune trace de l’existence d’armes chimiques n’a été trouvée par les experts de l’Agence internationale atomique après l’occupation de l’Irak.

Mais le mal a été consommé ; la souveraineté du pays a été violée en toute impunité. Et, fait gravissime, avec l’onction des instances internationales. L’Irak est plongé depuis la chute du régime de Saddam Hussein dans une guerre civile effroyable, qui dure encore jusqu’à nos jours, avec toutes les conséquences que l’on sait au plan de la stabilité des institutions, de la santé économique du pays et de la démocratie qui n’est toujours pas au rendez-vous comme promis.

Un autre pays arabe, la Libye d'El Gueddafi avait fait les frais de la politique de la canonnière du monde dit libre. Aujourd’hui, la Libye n’est pas plus démocratique et plus stable que sous l’ancien régime, et son économie basée sur les hydrocarbures est à l’arrêt du fait de la guerre. La Russie n’aurait pas été cette puissance militaire, nucléaire et économique qui a regagné sous Poutine sa place dans les équilibres géopolitiques et stratégiques du monde, elle aurait sans doute subi le même sort que l’Irak, la Libye et la Syrie ! Dans l’ordre mondial en place, on ne traite pas forcément les mêmes «maux» avec les mêmes remèdes. Et la règle est valable autant pour les gendarmes qui régentent notre monde que pour les instances internationales, lesquelles, dans le dossier russe, n’ont pas montré la même fermeté que dans d’autres conflits.
 

Omar Berbiche
 
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