Edito
 

Le bâton et le stéthoscope

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le 04.01.18 | 12h00 Réagissez


Des visages tuméfiés, du sang par terre, des bastonnades et des policiers qui crient la haine en face de médecins qui n’ont d’(autre) arme que leurs blouses blanches : hier était un jour triste pour l’Algérie. Des médecins, qui voulaient exprimer leur colère dans le calme, ont fait face à des forces de l’ordre qui, visiblement, étaient chauffées à blanc. Les policiers n’ont pas fait dans le détail : ils ont frappé là où ils pouvaient. Dans(sur) les têtes des médecins qui ne savent utiliser en tout et pour tout que leurs cervelles pour soulager des malades algériens. Ces derniers pourraient être des policiers !

«Vise la tête», aurait dit le policier. Cela n’est pas le message d’un homme chargé de maintenir l’ordre. C’est une expression de haine. Un mépris pour des citoyens qui ont sacrifié des années de leurs vies à acquérir un savoir qui leur permettra de faire partie de l’élite de ce pays.
Tous les policiers ne sont pas haineux. Mais les images de ces médecins à la tête bandée ou au bras couvert de plâtre sont une honte pour le pouvoir. C’est l’expression de l’affolement d’un régime qui ne connaît pas d’autres moyens d’expression que la bastonnade. C’est la marque de l’identité des dictatures les plus abjectes qui ne connaissent des droits de l’homme que la brutalité. Des hommes de pouvoir qui ne voient en l’autorité que l’envie de soumettre les autres que par la force de la matraque.

L’indignité de ce pouvoir a poussé le culot jusqu’à inviter, au moment où ses policiers frappent à bout pourtant des médecins, la représentante des «droits de l’homme officiels» — parce qu’en plus d’un syndicat officiel, l’Algérie dispose d’un organisme officiel qui porte l’étendard des droits que le régime bafoue — dans les commissariats de la capitale pour visiter les cellules de garde à vue ! C’est dans ces cellules que des médecins ont été cloîtrés, dans la même journée. Comble de l’ironie.

Après ce qui s’est passé hier à Alger, le régime ne pourra plus disserter sur le respect des droits de l’homme. Il ne devra plus évoquer le respect des libertés individuelles et collectives. Il les a violées, malmenées. Les rangers de ses policiers ont piétiné la Constitution que les médias officiels présentent comme un texte sacré. Car, même si les revendications des médecins peuvent être discutables, le recours à cette violence extrême est intolérable. En démocratie, tout se discute. Tous les problèmes se règlent dans la concertation et le dialogue. Toutes les voix, y compris les plus inflexibles, ont le droit d’être entendues. Les policiers ne doivent pas être dressés contre les médecins. Ce qui n’est pas dans cette voie ne s’appelle pas démocratie !

Ali Boukhlef
 
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