Edito
 

La seconde République

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le 30.04.18 | 12h00 Réagissez


Le Parti des travailleurs de Louisa Hanoune a engagé un vaste chantier politique de collecte de 1,5 million de signatures pour la mise en place d’une Assemblée constituante, en vue de doter le pays d’une seconde République, seule à même de transcender la crise et l’impasse dans lesquelles se trouve le système en place, selon cette formation politique.

Depuis son lancement il y a peu, le cap des 100 000 signatures est déjà atteint. «Redonner la parole au peuple» pour choisir souverainement son système politique à travers l’élection d’une Assemblée constituante, qui redéfinira les nouveaux contours de l’Etat, sa nature, l’architecture institutionnelle, l’articulation entre les différents pouvoirs et les prérogatives et missions de chacun : c’est, pour le Parti des travailleurs, la seule issue salutaire pour faire échec à l’OPA lancée sur l’Algérie. Les réformes constitutionnelles successives opérées depuis l’indépendance n’avaient d’autre objectif que de conforter le caractère jacobin et absolu du pouvoir, source des dérives et des dysfonctionnements dans la gestion des affaires du pays, qui ont permis les coups d’Etat institutionnels dénoncés par l’opposition.

Loin d’ouvrir le système politique, d’ancrer la démocratie et de consacrer l’Etat de droit, le tripatouillage de la Constitution, qui s’est clairement affirmé comme une opération de sauvetage et de perpétuation du système en place, confirmée avec plus de véhémence encore au cours de ces deux dernières décennies, a placé le pays en mode de gouvernance clientéliste basé sur l’allégeance qui tient lieu de légitimation populaire. Si, aujourd’hui, on en arrive à se demander qui gouverne en Algérie, à ne rien attendre du Parlement et des contre-pouvoirs qui n’existent pas, à pointer du doigt l’oligarchie accusée d’être la source alternative du pouvoir en Algérie et du délitement de l’exercice de la gouvernance que l’on constate au quotidien depuis la maladie de Bouteflika, c’est fondamentalement parce que le système s’est sacralisé, s’est renfermé sur lui-même comme une huître pour se préserver et se perpétuer, au lieu de se démocratiser et de s’ouvrir sur la société. Confier le destin et l’avenir d’une nation à un cabinet noir, qui amende et réforme la Loi fondamentale du pays selon un timing et des objectifs sectaires sur lesquels il n’y a eu ni débat ni consensus national, ne peut mener qu’à l’impasse et au blocage institutionnel dans lesquels se trouve aujourd’hui le pays.

Le débat sans fin, ésotérique engagé au sein de l’opposition et de la société civile entre les partisans de la rupture systémique avec le pouvoir et ceux qui croient à la possibilité de réformer utilement le système de l’intérieur, de recycler le personnel politique au pouvoir, a depuis toujours parasité la vie politique du pays sans faire avancer d’un iota la révolution transitionnelle de l'Algérie. La difficulté à trouver un large consensus d’abord au sein de la classe politique, entre la majorité et l’opposition, et ensuite entre l’opposition et le pouvoir, comme l’attestent toutes les initiatives politiques de tous bords, officielle et partisane, qui ont lamentablement échoué, donnent de la consistance politique au plaidoyer de Louisa Hanoune pour la mise en place d’une assemblée constituante. Sera-t-elle entendue et suivie ?
 

Omar Berbiche
 
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