Edito
 

La presse courtisée

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le 27.09.17 | 12h00 Réagissez


Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, est connu pour ne pas être un fervent adepte de la presse libre pour laquelle il nourrit les mêmes sentiments d’irrévérence que ceux qu’il voue à « l’opposition radicale», dont il a fait sa bête noire fétiche lors de son passage devant le Parlement, à l’occasion de la présentation du programme d’action du gouvernement. Les mesures annoncées dans le cadre de ce programme au profit du secteur de la presse, comme autant de gages de la bonne volonté de Ouyahia d’aider au développement du secteur, ne sont en fait que des mises à jour et des restes à réaliser de dossiers engagés sous les précédents gouvernements.

Qu’il s’agisse de la promesse de réactivation du fonds d’aide à la presse, de l’installation de l’Autorité de régulation de la presse écrite ou de l’accès à l’information, le Premier ministre n’a fait qu’endosser et apposer son visa sur des chantiers en souffrance pour certains depuis de longues années. Après avoir  entretenu des relations tendues et conflictuelles avec la presse qui n’est pas inféodée au pouvoir, l’accusant de noircir l’image de l’Algérie et de servir des desseins étrangers, Ouyahia cherche-t-il  à jeter des passerelles avec ces médias ? Le poids des responsabilités qui pèsent sur ses épaules et les difficultés du challenge qu’il a engagé dans une conjoncture qui ne prête pas à l’optimisme font que le Premier ministre a compris qu’il gagnerait beaucoup à faire de la presse qui ne lui est pas politiquement acquise, sinon un allié, du moins un partenaire privilégié sur lequel il compte s’appuyer pour mobiliser autour de son programme d’action.

Ouyahia s’est-il amendé par rapport à son regard sur la presse pour croire aux professions de foi déclinées dans son programme d’action ? Il n’ y a pas dans sa feuille de route de signaux forts pouvant laisser penser qu’une ère nouvelle va s’ouvrir pour le secteur de l’information, la liberté d’expression et de la presse  Les professionnels du secteur n’ont pas senti une forte conviction et un engagement sincère et politiquement désintéressé dans sa lettre d’intention en direction des médias. Les difficultés que connaît aujourd’hui la presse sous l’effet des pressions politiques conjuguées aux retombées de la crise qui ont eu pour conséquences immédiates de  précipiter la mort et le dépôt de bilan de certaines entreprises de presse privées ne semblent pas être une préoccupation pour le nouveau gouvernement.

Ce n’est pas l’hypothétique fonds d’aide à la presse, qui est une goutte dans un océan de misère et dont on devine par ailleurs comment il sera géré et distribué, qui pourrait sauver la presse du naufrage collectif ! En passant sous silence le projet de loi sur la publicité, censé réguler ce marché livré à de sordides surenchères et marchandages politiques, Ouyahia envisage , selon toute vraisemblance, de garder les choses en l’état, maintenir le statu quo. Faut-il rappeler que c’est lui qui a conforté le  monopole de l’Anep, allant jusqu’à criminaliser l’allocation des ressources publicitaires par les gestionnaires des entreprises publiques qui passeraient outre le canal de l’Agence nationale de publicité ?

Omar Berbiche
 
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