Edito
 

La fin des appareils

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le 04.01.17 | 10h00 Réagissez


Le contrôle de la société à travers des appareils fermés à la libre expression et dénués de toute représentativité devait fatalement aboutir à une impasse, laquelle peut dégénérer en manifestations violentes dans les rues, comme cela vient d’être enregistré dans le pays. Les événements qui secouent depuis lundi plusieurs villes sont survenus en écho à une grève des commerçants de Tizi Ouzou, observée le 13 décembre dernier, qui réclamaient une assemblée générale de la structure locale de l’UGCAA et l’élection d’un nouveau bureau représentatif. Une revendication éminemment démocratique et de très loin plus légitime que les griefs portés contre la direction du commerce, lesquels peuvent être contrebalancés par l’avis contrasté des consommateurs.

Ces derniers, parmi lesquels les larges catégories des salariés et les populations vivant de subsides sociaux, ne se sont pas encore manifestés et ne peuvent pas ressentir les effets de la loi de finances au premier jour de son entrée en application. La révolte contre la «vie chère» n’a pas encore eu lieu et si elle devait arriver, elle ne serait pas le fait des commerçants, mais des simples citoyens qui paient en dernier ressort le relèvement des taxes, tout en s’acquittant, à la base, de leurs cotisations et autres impositions. De même que ce ne seront pas les patrons des cliniques qui vont se révolter contre la nouvelle loi sur la santé, laquelle sonne, selon des spécialistes, le «glas de la médecine gratuite». Le chaos, ce sera quand de modestes citoyens, qui seront de plus en plus nombreux en raison de la survenue brutale de la crise économique, seront recalés à l’entrée des hôpitaux publics. 

Les gouvernants qui se sont succédé aux centres de décision n’ont construit ni un système de santé efficient, ni une économie productive et, plus grave, ont verrouillé les canaux d’expression démocratique qui auraient permis à la population de confier ses attentes et de croire en l’avenir. C’est le mur de l’autoritarisme qui pousse la société réelle, lassée par les discours officiels et lénifiants, à des manifestations violentes et autodestructrices. Le pouvoir en place n’a vraisemblablement pas les moyens ni l’inspiration politique pour réussir le challenge de la performance économique. Il a cependant la latitude de déconstruire ces appareils, anciennement appelés «organisations de masse», qui ne sont rien d’autre qu’une agression permanente contre la société.

Ces structures héritées du système du parti unique répriment l’expression sociale et politique au lieu de la canaliser vers les institutions détentrices du pouvoir de décision. Inamovibles et hégémoniques depuis des décennies, les organisations syndicales servant d’éteignoir social et les partis affectés au contrôle de la vie parlementaire et législative, jurent désormais avec l’histoire et sont arrivés à leur fin naturelle. Il s’agit des socles sur lesquels s’appuie le pouvoir, mais celui-ci doit se persuader que la perspective de l’alternance est préférable à des lendemains chaotiques.

Djaffar Tamani
 
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