Edito
 

La diplomatie de la canonnière de Rabat

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le 15.05.18 | 12h00 Réagissez


Les propos tenus par le ministre marocain des Affaires étrangres, Nacer Bourita, dans les colonnes de Jeune Afrique dans sa dernière livraison, dans lesquels il se lâche sans la moindre retenue, comme le lui impose son statut de chef de la diplomatie, marquent un nouveau et dangereux tournant dans la politique aventureuse dans laquelle s’oriente le makhzen par rapport à l’Algérie.

Pour desserrer l’étau qui l’étreint à la suite des cuisantes défaites diplomatiques successives qu’il ne cesse d’enchaîner au plan régional et international : au niveau africain, de l’Union européenne, où il est rappelé à l’ordre pour ses manquements au respect des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés, au pillage des ressources naturelles du Sahara occidental, et à l’Onu où il est désormais de plus en plus isolé, le régime marocain pense avoir trouvé en l’Algérie le bouc émissaire tout désigné dans une vaine tentative de déplacer le conflit de son cadre naturel relevant de la décolonisation vers un conflit bilatéral fantasmagorique opposant le Maroc et l’Algérie. C’est un scénario digne des films de série B à la sauce marocaine que le représentant de la diplomatie marocaine vient de nous servir en fournissant des détails avec une imagination débridée sur les supposées accointances entre l’Algérie et le Hezbollah libanais au service du Polisario.

On apprend ainsi sans rire et de la façon la plus solennelle de la bouche du chef de la diplomatie marocaine que l’Algérie servirait de tête de pont avancée pour le Hezbollah pour armer, financer et encadrer militairement les combattants de l’Armée de libération sahraouie. Et comme il faut des «preuves» pour faire avaler la grosse couleuvre, le ministre marocain des Affaires étrangères balance les initiales d’une supposée épouse algérienne d’un soi-disant haut cadre du Hezbollah présenté comme le représentant en chef de l’antenne opérationnelle du Hezbollah en Algérie et le chargé d’affaires en charge de la défense de la cause sahraouie à partir du sol algérien. Les conseillers du roi Mohammed VI en matière d’action psychologique et d’intox manquent pitoyablement d’imagination pour faire ainsi dans la politique fiction, le psychodrame et la victimisation qui dénotent l’état d’esprit de panique dans lequel se trouve la diplomatie marocaine.

Ce n’est pas la première fois que le régime marocain recourt à ce genre d’arguties pour charger et présenter l’Algérie aux yeux de la communauté internationale comme le principal obstacle à la recherche d’une solution politique au conflit du Sahara occidental, voire à la paix régionale et internationale. Que cache et que prépare cette montée en cadence dans l’escalade verbale de la diplomatie marocaine qui ne s’encombre plus de mots et d’accusations les plus fantaisistes et les plus gravissimes à l’encontre de l’Algérie en violation des usages diplomatiques entre Etats ? Le ministère algérien des Affaires étrangères a réagi samedi avec célérité aux accusations marocaines en exprimant «sa ferme condamnation et son rejet total des propos irresponsables» du ministre marocain des Affaires étrangères. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le ton ferme et indigné de la réaction algérienne n’est pas à la mesure des graves accusations proférées contre notre pays. Il est temps de passer de la diplomatie passive, excessivement bienveillante et conciliante à une diplomatie active, résolument plus offensive qui ne cède rien sur les intérêts suprêmes du pays et la dignité des Algériens. Trop de diplomatie tue la diplomatie !  
 

Omar Berbiche
 
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