Edito
 

La dictature de l’image

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le 12.10.17 | 12h00 Réagissez


Qui cherche-t-on à convaincre encore en soumettant le président Bouteflika à ces éprouvantes épreuves d’effort programmées selon un plan de communication politique bien étudié pour montrer que le chef de l’Etat n’est pas un «trois quart de Président» ? Les dernières images infligées par la Télévision  nationale aux Algériens à l’occasion de l’audience accordée mardi au Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, n’inspire plus que de la compassion tout en confortant chaque fois un peu plus dans leur diagnostic ceux qui mettent en doute les assurances officielles distillées sur l’état de santé de Bouteflika.

Cette riposte cathodique que les conseillers politiques et en communication du Président mettent en branle pour taire les sollicitations de la classe politique appelant à décréter la vacance du pouvoir et à organiser des élections anticipées comme cette dernière salve émanant de trois influentes personnalités, le docteur Ahmed Taleb-Ibrahimi, le général Rachid Benyelles et Ali-Yahia Abdennour, ne fait plus illusion. Depuis que les médecins autoproclamés du Président gravitant dans l’orbite présidentiel parmi les hauts responsables institutionnels ont pris le pari solennel et l’engagement renouvelé avec plus de force encore devant les Algériens au lendemain du 4e mandat, que le Président allait reprendre sous peu sa motricité, sa verve d’antan et l’usage de la parole, le moins que l’on puisse constater au vu des images retransmises par la télévision est que Bouteflika n’est pas au mieux de sa forme.

La stratégie est politiquement contreproductive  et humainement dégradante, d’abord pour la personne du Président touché de manière consciente ou non dans sa dignité et ensuite pour l’Algérie raillée à l’étranger pour sa gérontocratie. Au plan de la communication, c’est d’un amateurisme affligeant. Les quelques plans furtifs, morceaux choisis filmés du Président le montrant s’exécutant avec les mêmes gestes et le même timbre de voix inaudible sont loin de contribuer à convaincre les Algériens que l’état de santé du Président est en constante amélioration, comme l’affirme le cercle restreint de l’entourage présidentiel qui s’exprime sur ce dossier sensible. Quand on voit le malaise manifeste qui s’empare des hauts responsables présents aux audiences de Bouteflika accordées à des personnalités étrangères et le sentiment d’inconfort qui se lit sur le visage de ses hôtes étrangers suspendus au service de leurs interprètes, les Algériens sont de plus en plus nombreux à souhaiter vivement que cesse rapidement cette théâtralisation de mauvais goût de nos institutions.

Le fait que l’éclipse du Président et le défaut d’images suscitent moins de commentaires et de rumeurs sur la scène nationale et à l’extérieur que les séquences des audiences présidentielles sélectives diffusées par l’Entv et voulues comme autant de mises au point et de moments de vérité est( sont) la meilleure preuve que cette manière de faire est inopérante et stérilisante. Le meilleur service, le gage d’affection le plus sincère que les «fidèles» de Bouteflika peuvent lui témoigner, c’est de mettre un terme à cette tentation malfaisante de voyeurisme abject et forcé, de dictature de l’image auquel le Président est soumis avec ou sans son accord au lieu d’engager le pays sur la voie d’une alternance véritable. L’exercice commence réellement à lasser et à irriter y compris dans le camp de ses adversaires politiques.
 

Omar Berbiche
 
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