Edito
 

La dangereuse cacophonie

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le 02.06.18 | 12h00 Réagissez


On ne peut être que sidéré par l'à-peu-près qui préside au destin d’un pays aussi vaste et aussi riche que le nôtre. Certains diront qu’à force d’être habitué à l’innommable, on finit bien par le banaliser, l’intégrer comme donnée négligeable, indigne d’intérêt. On se trompe. La manière dont est gouvernée l’Algérie doit nous intéresser tous jusqu’au moindre détail.

Sauf si on a un autre pays de rechange, ce qui est loin d’être le cas. Le spectacle désolant qu’offrent à voir les échanges inamicaux entre les deux alliés au gouvernement, le FLN et le RND, renseigne à lui seul sur l’étendue de l’anarchie qui nous gouverne. Les raisons sous-jacentes importent peu, ce serait une bataille de chiffonniers autour de positionnement au sein du pouvoir, mais les effets que cela produit sur le fonctionnement des institutions sont dévastateurs.

On a eu à le vérifier à plusieurs reprises. Mais la dernière preuve de la déliquescence qui menace dangereusement le pays est la manière dont a été managé l’avant-projet de loi de finances complémentaire. Une véritable démonstration de l’anarchie qui règne au plus haut de la pyramide de l’Etat.

Cette façon de faire en dit long. Elle dit surtout jusqu’où la gouvernance de Abdelaziz Bouteflika a pu mener le pays, en le conduisant à une situation de quasi- faillite d’une économie basée sur un système de rente, et à la neutralisation de ses institutions frappées d’une insoutenable inertie. L’avant-projet de la LFC était prêt depuis plusieurs semaines, mais n’a pas réussi à franchir les étapes qui devaient le conduire jusqu’au Parlement. Pourquoi ? Une cacophonie au sommet de l’Etat.

C’est le secrétaire général du l’ex-parti unique, Djamel Ould Abbès, qui le confirme. Ahmed Ouyahia qui a, selon lui, essayé de remettre en cause «l’un des fondamentaux de la Révolution algérienne» en octroyant le droit de concession des terres agricoles aux étrangers, a vite été rappelé à l’ordre par le «Président». Ce dernier «lui a demandé de revoir sa copie». Plus qu’un simple malentendu donc, cette histoire de révision de la copie est une affaire très sérieuse qui différencie et divise les deux hommes.

Ce n’est pas la seule. Le patron du RND qui, ce n’est pas un secret, n’est pas en odeur de sainteté chez le FLN, est déjà passé par là, lorsque sa décision d’ouvrir le capital des entreprises publiques aux privés (partenariat public-privé) a été décriée par Ould Abbès d’abord, avant que les services de la Présidence ne la remettent définitivement en cause.

Il n’y a pas que ces deux exemples. La chronique gouvernementale de ces dernières années fait peur. L’approximation qui est érigée en mode de gouvernance, qui plus est, est encensée par les tartuffes de tous acabits, peut s’avérer plus menaçante qu’elle ne l’est pour le pays. C’est pour cela que les propos d'Ould Abbès ne sont pas que de simples balivernes, mais la révélation d’une situation chaotique qui interpelle tout un chacun.

Said Rabia
 
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