Edito
 

La croisée des chemins

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le 20.09.17 | 12h00 Réagissez


Le système politique qui préside aux destinées du pays ne pouvait être confronté à de profondes remises en cause qu’avec le tarissement de la rente provenant de la vente des hydrocarbures. Cela était connu et proclamé depuis longtemps par la classe politique de l’opposition et les analystes de la scène nationale avant d’être intégré par les simples citoyens. Ce retournement de situation, la rupture de la bulle pétrolière, a fini par survenir. Le pays est à la croisée des chemins. Survivre à la crise structurelle ou être emporté par le chaos. Les travers dans la gestion des affaires publiques ont longtemps été couverts par ce qui est difficile à nommer aujourd’hui, l’aisance financière. Les décisions les plus préjudiciables à l’économie nationale ont été applaudies dans l’euphorie des campagnes électorales victorieuses pour le régime. Le maître-mot du discours officiel était la consommation et la dilapidation décomplexée de l’argent public.

Il se trouvait des dirigeants se prévalant d’une longue expérience gouvernementale qui exhortaient les jeunes à dépenser dans l’insouciance, et l’impunité, l’argent emprunté aux banques publiques. A présent qu’il n’y a plus de budget à affecter au festoiement national, ni même pour payer les salaires des fonctionnaires, la parole gouvernementale apparaît dans toute sa vacuité et son anachronisme. Il ne reste plus que la mystification, à la limite du mensonge, pour dire que le pays peut être tranquille en fabriquant simplement des billets de banque. Et même de prétendre qu’il s’agit d’une idée lumineuse que de recourir à ce mode de financement «non conventionnel», alors qu’il signe le désastre d’une gestion qui a transformé les richesses nationales en hypothèque sur l’avenir.

L’absentéisme à l’APN lors des premiers jours du débat autour du «plan d’action» du gouvernement montre, de son côté, que l’adhésion réclamée par les hautes autorités du pays est difficile à recueillir même au sein des appareils affiliés au pouvoir en place. Des échos font même état d’attitudes surréalistes de députés du FLN qui se rebiffent contre les orientations gouvernementales. Le monologue au sein du système qui ressasse ses échecs et ne croit même plus à ses propres solutions concourt uniquement à aggraver la crise dans toutes ses dimensions et à exaspérer l’opinion publique.  Le financement des déficits budgétaires est accessoire dans la démarche globale de sortie de crise.

Celle-ci est économique mais la solution ne peut être que politique. Le plan d’action du gouvernement n’est pas porteur d’espérances, non pas à cause du syndrome fatidique du recours à la planche à billets, mais en raison de l’absence de toute perspective d’ouverture politique. Le programme en question est politiquement inopérant, parce qu’il pose de faux postulats, en affirmant que le pays «dispose d’institutions politiques démocratiques stables et légitimées, de la base au sommet de l’Etat, par le peuple souverain». La sortie de crise pourra être envisagée lorsque le pouvoir se résoudra à sortir de ses certitudes qui représentent autant de violences permanentes contre ce même peuple.

Djaffar Tamani
 
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